Truffaz trompette son goût du voyage

Benjamin Chapon

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Le trompettiste Erik Truffaz (au milieu à droite) entouré des musiciens de son quartet.
Le trompettiste Erik Truffaz (au milieu à droite) entouré des musiciens de son quartet. — S. ROUGE

Sans doute parce que le jazzman Erik Truffaz est lui-même un grand voyageur, il a la capacité d'emporter loin ceux qui écoutent sa musique.
Les morceaux de In Between, son nouvel album avec son quartet, commencent avec des repères fiables : une rythmique simple, une mélodie chantonnante. Et en un tour de main sur les pistons de sa trompette, Erik Truffaz les fait décoller.

« Je ne suis pas Picasso »
« La plupart de ces morceaux sont courts, environ trois minutes. Ça m'a un peu embêté au début, mais bon, c'est comme ça… » Quand il commence un album, le trompettiste Suisse ne sait jamais où il va. « J'arrive avec des compositions et on joue. Quand les autres n'aiment pas, ils détruisent tout le morceau et on le reconstruit ensemble. J'aimerais n'apporter que des morceaux parfaits, mais la qualité finale est plus importante que mon ego. » Sur ce nouvel album, en habitué des ponts entre gen­res musicaux, Truffaz a invité sa compatriote rock Sophie Hunger sur le morceau Let Me Go : « Je tire l'énergie des autres, je ne peux pas tout faire seul, je ne suis pas Picasso. »
Qu'il lorgne vers l'électro ou fricote avec la chanson, le musicien adopte une méthode simple. « Je choisis des gens qui dégagent un humanisme, des gens pétris de poésie. Parce que c'est plus agréable de jouer avec eux, mais surtout parce que tout ça s'entend dans leur façon de jouer. Je crois n'avoir jamais engagé un musicien de droite. A part Christophe, mais c'était spécial… »