Antoine de Caunes: «Il manque un mag télé dédié au rock»

INTERVIEW Le réalisateur compile ses souvenirs de journaliste rock dans un livre...

Recueilli par Benjamin Chapon

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L'ex-présentateur de l'émission « Chorus » signe un Dictionnaire amoureux du rock.
L'ex-présentateur de l'émission « Chorus » signe un Dictionnaire amoureux du rock. — BALTEL / SIPA

Avant d'être acteur puis cinéaste, Antoine de Caunes a été LE présentateur rock à la télé. Sa première émission, «Chorus», sort en DVD et il compile ses souvenirs dans un passionnant Dictionnaire amoureux du rock (Plon).

Ce dictionnaire est-il celui d'un journaliste rock?

Pas seulement. J'ai voulu raconter une histoire subjective, mon rapport à l'histoire du rock. Il est alimenté par des souvenirs d'émissions, mais aussi d'expériences personnelles, intimes. Je suis passionné par le rock, donc je suis partial. Je n'ai pas une approche encyclo­pédique. L'esprit de sérieux dans le rock, ça me flingue.

Etes-vous nostalgique de l'époque «Chorus» (1979-1982)?

Non, je me méfie de ça. Je ne suis pas du genre à raconter mes anecdotes le soir au coin du feu.

La cause du rock à la télé a-t-elle avancé depuis «Chorus»?

Oui et non. La télé est encore très «mainstream». Mais à l'époque, la musique à la télé, c'était consternant. Mes oreilles saignaient.

Et aujourd'hui?

Il y a un manque d'imagination. Le rock, ce n'est pas que de la musique. Il manque un vrai magazine autour de ce phénomène social qu'est le rock au sens large.

Magazine que vous présenteriez?

Oh non, je suis trop vieux pour ça. Il ­faudrait des jeunes gens énervés. Moi, je pourrais être là en «shadow cabinet», à la limite.

Magique «Chorus»

«On était diffusé le dimanche entre “Présence du Seigneur” et “L'école des fans”, la case dont personne ne voulait.» Entre 1979 et 1982, de The Police à The Clash, Antoine de Caunes a reçu tous les groupes qui marqueront le rock des années 1980. «C'était facile de les avoir, ils débutaient.»