Gold panda, un musicien aux boucles d'or

MUSIQUE «Lucky Shiner», un premier album étincelant...

Joël Métreau

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Comme Four Tet ou Caribou, Gold Panda s'attache à une électro sensuelle.
Comme Four Tet ou Caribou, Gold Panda s'attache à une électro sensuelle. — dr

Sa musique décrit des vrilles élégantes dans l'espace et retombe toujours du bon pied. Lucky Shiner, le premier album de Gold Panda évoque de la musique électronique de chambre – bricolée sur ordinateur –, mais avec les fenêtres grandes ouvertes sur le monde. Des influences folk, psychédéliques ou orientales enveloppent les beats d'une atmosphère chaude et vibrante d'émotions. «J'ai utilisé quelques instruments, une guitare, un piano, et un clavier Casio, raconte le jeune Londonien. Mais en général, pour créer mes morceaux, j'extrais un échantillon de musique sur un vieux disque et je le passe en boucle. Puis je modifie la vitesse de celle-ci afin de construire une mélodie.» Les boucles sont si fines qu'on serait bien en peine d'en trouver la provenance. Il révèle juste qu'elles proviennent de disques d'avant les années 1980.

Du nom de sa grand-mère

Il a patiemment accumulé ces boucles numériques en dénichant des vinyles dans des charity shops, ces magasins caritatifs britanniques où tout se vend d'occasion. «À 15 ans, avec mon sampler et un Atari, je voulais devenir rap­peur, mais les disques funk à sampler étaient trop chers pour moi.» Il se tourne plus tard vers la musique instrumentale. Son album se fait néanmoins l'écho de voix, comme sur India Lately, où il a intégré «un chant religieux à la manière d'un instrument». Dans l'ouverture de Parents, quelqu'un l'interpelle: «C'est ma grand-mère indienne. Elle s'appelle Lucky Shiner. J'étais allé dans le jardin pour enregistrer des sons d'ambiance. Et elle s'est mise à me parler. J'ai gardé cet extrait, car j'aime bien ce type d'accidents.»