« Non, notre passé n'est pas si glorieux »

recueilli par alice coffin

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Jon Hamm, alias Don Draper, personnage principal de la série à succès « Mad Men ».
Jon Hamm, alias Don Draper, personnage principal de la série à succès « Mad Men ». — F. OCKENFELS / AMC / LIONSGATE

Quotidien d'une agence de pub dans le New York des années 1960, et bien plus encore, « Mad Men », série ultra primée, est diffusée depuis quatre saisons aux Etats-Unis et trois en France (le jeudi à 22 h 15 sur Canal+). Rencontre lors du dernier Mipcom à Cannes, avec Jon Hamm, alias Don Draper, héros et emblème des Mad Men.

Ni cigarettes, ni alcool à l'horizon. Vous n'êtes pas Don Draper !
Vous êtes au courant, qu'on fume et qu'on boit pour de faux, hein. Sinon, j'aurais du mal à retenir mon texte !
Ok pour ces comportements là. Mais quelle gestuelle avez-vous adopté pour incarner les années 1960 ?
Attendez, je ne joue pas un gentilhomme de la Renaissance, tout en courbettes, révérences et petits pas de danse. Les gens des sixties ne se comportaient pas hyper différemment.

Euh, il faut espérer que les hommes sont un peu moins sexistes…
Je trouve les abrutis de « Jersey Shore » (une téléréalité de MTV) bien plus sexistes que les personnages de notre show. Et, eux, n'ont pas l'excuse du contexte historique. Mais bien sûr que notre époque est préférable à vivre.

C'est clair !
Pas tant que ça justement. Les gens cultivent une nostalgie, genre « c'était le bon temps ». Un des messages de la série c'est de dire, que ça n'était pas du tout mieux avant. L'objectif d'une société est d'avancer, pas de regarder le passé, parce qu'il n'est pas si glorieux.

La série est-elle intrinsèquement liée à ces années 1960, ou peut-elle continuer jusqu'en 1970 ?
Déjà, je ne crois pas que « Mad Men » parle de ce qu'on appelle traditionnellement les années 1960. L'amour libre, les drogues, les hippies, c'était, en fait, plus entre 1965 et 1974, et pour l'instant, dans la saison 4, on est en 1964. Alors, bien sûr, ça pourrait continuer jusqu'en 1970, mais le but n'est pas de faire une série à caractère historique.

Vous savez quand ça va s'arrêter ?
Je suis sûr que Mat [Matthew Weiner, le créateur] a une idée précise de la fin, mais je ne suis pas dans le secret !

En tout cas la série marche très fort. Vous connaissez votre public ?
C'est un public de chaîne câblée : CSP +, pas très nombreux, de 2 à 3 millions, mais qui adorent le programme.

Et votre public français ?
Ça ne m'étonne pas que ça marche en France. Vous avez une tradition cinématographique littéraire, tout en analyses. J'ai vu d'ailleurs qu'on avait même fait la une du mensuel Les Cahiers du Cinéma.