« Castelvania », épreuve physique

Joël Métreau

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Outre sa croix et ses dagues, Gabriel Belmont utilise sa magie, blanche ou noire.
Outre sa croix et ses dagues, Gabriel Belmont utilise sa magie, blanche ou noire. — konami

Des séries de jeux vidéo traversent les décennies avec une certaine discrétion qui n'a d'égale que la ferveur de ses adorateurs « Castelvania » (prononcez « kas­seulvania »), créé en 1986 par l'éditeur japonais Konami, pourrait gagner davantage de fidèles avec son apparition sur les consoles Xbox 360 et PS3.
Les fans de la série ont toutefois déploré que cet épisode intitulé « Lords of ­Shadow » édulcore l'esprit Castlevania, un esprit rattrapé par l'air du temps : gothique, vampirique, lycanthropique… Mais on est bien loin des échanges de bisous transgenres de « Twilight ». Dans cet affrontement des Belmont contre les forces des ténèbres, la parole est aux armes.

Joli casting d'acteurs britanniques
Fidèle à ces prédécesseurs, « Lords of Shadow », qui se déroule dans un fantastique médiéval, alterne les séquences de plate-forme et celles d'action. Et dans la famille Belmont, je demande cette fois Gabriel, à la recherche de l'âme de son épouse assassinée. Naïades, trolls et araignées périssent sous les estocades de sa croix de combat. Ou le contraire.
Car ce jeu s'adresse d'abord aux pros du combo, ceux que la difficulté ne fera pas conduire la manette au cimetière. Les combats, brutaux et parfois titanesques, comme chez un « God of War », sanctionnent l'inattention. Ces épreuves d'endurance viennent allonger la durée du titre, un chapelet de cinquante niveaux à égréner avec une foi d'acier. Dans les interludes, la voix ancestrale de Patrick « Star Trek » Stewart prolonge l'ambiance sépulcrale. Robert Carlyle et Jason Isaacs participent aussi à ce doublage réussi (le jeu est en anglais sous-titré) comme on souhaiterait pour plus de titres en français.