Basquiat, la star du melting-pop en expo à Paris

CULTURE Une expo et un film...

Stéphane Leblanc

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Extrait du docu Jean-Michel Basquiat, the Radiant Child, à voir en salle.
Extrait du docu Jean-Michel Basquiat, the Radiant Child, à voir en salle. — PRETTY PICTURE

Un film au cinéma et une expo à Paris* pour voir et tout savoir sur Jean-Michel Basquiat, peintre américain prodigue qui aurait eu 50 ans cette année, s'il n'était mort en 1988 d'une overdose. Dix ans plus tôt, ses graffitis sont signés Samo – pour « Same Old Shit » – et accompagnés de poèmes subversifs. Basquiat vit alors dans la rue, vend deux ou trois cartes postales graffées à Andy Wahrol à la sortie d'un resto et sait qu'il aura un jour son quart d'heure de célébrité. Il y est très vite arrivé.

« Mettre la réalité en éclat »
« Il avait le don de capturer l'énergie de la rue pour en faire du grand art », s'emballe l'historien Robert Farris Thompson dans Jean-Michel Basquiat, the Radiant Child, documentaire sorti mercredi en salle. Sa façon de mettre « la réalité en éclat », comme il disait, tranche avec l'art conceptuel de l'époque. Les collectionneurs s'arrachent ses toiles. Il n'a pas de compte en banque. Il glisse les dollars entre les pages de ses livres.

>> La peinture de Basquiat décryptée par ici


Parmi ses amis, la chanteuse Madonna avant qu'elle ne soit une star : « Je l'enviais vraiment… mais il était trop fragile pour ce monde », confie-t-elle dans le film de Tamra Davis. Il suscite l'admiration et la jalousie aussi d'Andy Wahrol. « Parce que Basquiat était plus rapide que lui », rigole le galeriste Bruno Bischofberger.
Artistiquement, il assemble – aujourd'hui on dirait « sample » – toute l'histoire de l'art dans ses tableaux. La Vénus de Milo, Guernica, la poésie de Williams Burroughs, les silences de John Cage, le feeling de Miles Davis… Il vit en mondain, célébré dans les soirées, renvoyé à sa couleur de peau une fois dehors. Barack Obama n'existait pas, alors. S'il revenait aujourd'hui, Basquiat s'appellerait sans doute Kanye West ou Pharrell Williams. Ceux qui ont suivi son exemple ont juste eu plus de temps que lui pour s'assumer comme icônes.