la recette secrète du tube de l'automne

cédric couvez

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Produire le tube de l'automne, c'est un peu comme réussir son propre pain : mieux vaut avoir les bons ingrédients, les bons dosages, le bon matériel et le bon coup de main. Si certains chefs de la pop commerciale comme David Guet­ta sont passés maîtres dans l'art de démouler à la demande les hits du moment, les fleurons de l'électro s'y mettent aussi. Décryptage de Barbra Strei­sand de Duck Sauce, l'hymne dancefloor qui va squatter vos tympans.

Un « super-groupe » de… DJ. Du Audioslave de Chris Cornell (Sound Garden), et Tom Morello (Rage Against The Machine), à The Good, The Bad and The Queen de Damon Albarn (Blur) et Paul Simonon (The Clash), les « super-groupes » émaillent le rock contemporain. Alors quand Armand Van Helden, roi de la house des années 1990, et A-Track, remixeur-producteur orienté hip-hop, pompent le concept pour unir leurs machines, ça donne un combo calibré pour exciter les branchés.

Un sample efficace de Boney M. Pour faire un tube dansant, rien de tel qu'une bonne boucle disco dopée aux lourdes basses. Duck Sauce ne s'y est pas trompé en tronçonnant la ritournelle de Gotta Go Home de Boney M. L'air chanté se retient d'un coup et donne l'impression d'avoir toujours traîné dans un coin de votre ciboulot. Pour enfoncer le clou, ces hululements sont compréhensibles dans toutes les langues et se sifflotent à toutes les occasions… L'Internationale sans les communistes en somme.

Une révélation à la Winter Music Conference. Chaque hiver, Miami accueille sous le soleil la crème de la production électro mondiale. Tous les plus grands DJ viennent y présenter leurs œuvres en avant-première devant un parterre de clubbeuses siliconées. L'événement idéal pour faire monter la sauce de Duck Sauce qui a cartonné lors de la dernière édition.

Un buzz sur les blogs. Si matraquer la bande FM sert à écouler des cargaisons de single et vendre de la sonnerie de mobile, envahir la Toile en amont permet d'attirer l'attention et de faire monter la pression. Alors que le titre ne sort que ce week-end, Barbra Streisand a fuité dès l'été sur les blogs références. Donner un peu pour recevoir beaucoup, voilà la stratégie adoptée par le duo pour conquérir la génération iPod.

Un clip tout en name-dropping. Sculpteur de l'imagerie du label Ed Banger, le Français So-Me a délaissé une semaine sa palette graphique pour tourner le clip. De quoi shooter une bonne partie de ce que New-York compte de pontes de la hype. En 3min17s, se relaient devant l'objectif : Pharrell Williams, Kanye West, Santigold, Chromeo, The Roots, Diplo, DJ Mehdi, Just Blaze, DJ Premier, Fafi ou encore un travesti grimé en Barbra Streisand plus vraie que nature.