Du classique sauce pop

oihana gabriel et benjamin Chapon

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Sting a repensé et enregistré certains morceaux avec le Royal Philarmonic Orchestra.
Sting a repensé et enregistré certains morceaux avec le Royal Philarmonic Orchestra. — clive barda

Il va faire sonner ses tubes avec un orchestre philarmonique ce soir à Bercy. Elle a posé sa voix de soprane sur un premier album de reprises de chansons avec Dark Hope. Sting, pape de la pop britannique, et Renée Fleming, grande cantatrice américaine, ont emprunté des passerelles entre classique et rock.

« De l'opéra avec pop-corn »
« Je ne crois pas aux différences entre les genres, explique le chanteur à 20 Minutes. Ce n'est pas pareil de jouer du Rachmaninov et de faire trois notes à la guitare, mais c'est le même langage. Le fossé entre classique et pop s'est rétréci. Les musiciens avec lesquels j'ai travaillé ont été élevés avec la pop. J'ai envie de composer pour un orchestre. Peut-être pas pour le prochain album, mais ça m'intrigue. »
En attendant, Sting a déjà redonné vie aux chan­sons du XVIe siècle de John Dowland. Et revisite avec orchestre ses succès pour Symphonicities. « J'ai une relation avec le classique depuis toujours », assure le chanteur, qui admet avoir volé des idées chez Bach et Prokoviev.
Pour la cantatrice Renée Fleming, ravie de son incursion pop, « ce serait dommage que la musique classique meure par manque de médiatisation. Et c'est ce qui commence à arriver aux Etats-Unis. De plus en plus de jeunes ne connaissent pas l'opéra et ne savent pas ce qu'ils manquent. La musique classique est heureusement aidée par le Metropolitan Opera, qui diffuse des ­opéras dans des cinémas et sur Internet. C'est pas cher, accessible et on peut même manger du pop-corn ! »

opéra au cinéma

Démocratiser l'opéra, vaste programme. Si vousavez la flemme de passer trois heures debout devant du Wagner, les cinémas Gaumont proposent deux opéras par mois transférés du Metropolitan Opera de New York aux salles obscures. En octobre, place à L'Or du Rhin.