Comment les propos homophobes de Sexion d'Assaut se sont transformés en scandale

CULTURE Huit mois après avoir été prononcés...

C.P.
— 
Sexion d'Assaut, Festival de Biarritz, 22/07/2010
Sexion d'Assaut, Festival de Biarritz, 22/07/2010 — N.MOLLO/PHOTOMOBILE/SIPA

Il aura fallu trois mois pour qu’une interview dans un magazine se transforme en scandale. Tout commence en juin dernier, lorsque Lefa, l'un des membres du groupe de rap Sexion d’Assaut donne une interview à la revue confidentielle International Hip-Hop, et y déclare: «Pendant un temps, on a beaucoup attaqué les homosexuels parce qu'on est homophobe à 100% et qu'on l'assume

L'homophobie de Sexion d'Assaut est d'ailleurs visible dans bon nombre de ses clips, toujours en circulation. «Mais on nous a fait beaucoup de réflexions, poursuit Lefa et on s'est dit qu'il était mieux de ne plus trop en parler parce que ça pouvait nous porter préjudice (...)» La bombe est lancée, mais met du temps à exploser…

Ce n’est que le 23 septembre que les internautes, sur Twitter et autres réseaux sociaux, commencent à se passer le mot. Un internaute donne un extrait de l'interview, le blogueur YelloKid revient sur ces propos, le site MusiqueMag fait un article sur le sujet, reprenant tout un paragraphe d'International HipHop pour remettre dans le contexte, et l'information tourne. Tout à coup, cette interview qui avait été menée en janvier dernier selon lemonde.fr, (avant que le groupe ne se fasse connaître grâce à son disque sorti en mars) et publiée en juin, rebondit partout, d’internaute en journaliste.

«La Sexion traîne une réputation d’homophobes depuis le début, alors tout le monde s’est déjà fait sa petite opinion», explique par exemple  le blogueur Yelolow Kid, l'un des premiers sur le coup. YellowKid est tombé sur l'interview grâce à Twitter, où @Krstv (journaliste au compte protégé) avait annoncé la mise en ligne du PDF de l'interview sur son blog. L'interview n'a fait que porter à la connaissance d'un public non amateur de rap l'homophobie du groupe.

C’est donc par Internet que le scandale a explosé. Ironiquement, c’est aussi par lui que le groupe s’était fait connaître. En 2009, un album a été diffusé gratuitement, intitulé Les chroniques du 75, regroupant des titres mis  à disposition sur la Toile chaque mois depuis 2008. Cette promo Web les avait fait signer chez Because et dépasser le million de fans sur Facebook. Pas de désinscriptions notables pour l’instant.