La numérisation du patrimoine avance à petits pas

CULTURE Frédéric Mitterrand et Nathalie Kosciusko-Morizet ont présenté un premier point d’étape, mercredi...

Sandrine Cochard

— 

J.NAEGELEN / REUTERS

Montrer que le projet avance, même doucement. Mercredi, le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, et la secrétaire d’Etat à la Prospective et au Développement de l’économie numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet, ont présenté un premier point d’étape sur la numérisation du patrimoine. Ce vaste chantier est l’une des cinq priorités listées par Nicolas Sarkozy lors de son discours sur le grand emprunt, le 14 décembre dernier. Il est doté de 750 millions d’euros.
 
100 millions attribués
 
Neuf mois après le discours du chef de l’Etat, qu’en est-il? Seuls quatre projets, qualifiés mercredi d’«exemplaires» par Frédéric Mitterrand, ont été retenus pour le moment et devraient se partager une enveloppe de 100 millions d’euros selon une répartition qui n’est pas encore fixée.
 
Il s’agit de la «création d’une plateforme de longs métrages en VOD» avec des partenaires privés, la «numérisation des livres du 20e siècle sous droits» (protégés par les droits d’auteurs, ndlr), la «création d’un portail de vidéos à la demande pour l’ensemble des contenus audiovisuels et cinématographiques en partenariat avec l’Ina» et la «création d’un kiosque numérique de la presse». Grands absents, les secteurs de la musique, des jeux vidéo et de l’art, comme n’a pas manqué de le souligner Nathalie Kosciusko-Morizet tout en rappelant qu’un nouvel appel à projets serait lancé avant la fin du mois de décembre. «100 millions d’euros ont été attribués, il en reste donc 650 pour les autres projets», a noté Frédéric Mitterrand qui a assuré que «les 750 millions d’euros seront entièrement affectés».
 
Google
 
Reste l’inconnue Google. Depuis plusieurs mois, le gouvernement français souffle le chaud et le froid sur ses relations avec le géant américain. Ces derniers temps, l’heure est franchement à la détente, surtout depuis que Google a annoncé une série d’investissements à venir en France dont la création d’un institut culturel à Paris. «Je souhaite pouvoir participer, au titre de partenaire et d’ami, à la réflexion sur les missions de cet institut, a déclaré Frédéric Mitterrand. Je pense que nous pouvons avoir avec Google des terrains de collaboration en commun.»
 
En clair, rien n’est signé mais la main reste tendue. D’autant que, de l’aveu même du ministre: «Les investissements du grand emprunt ne nous permettront pas de tout numériser.» La firme américaine reste donc une option, à condition «de fournir des garanties en matière de respect des droits d’auteurs». Les discussions semblent donc en être toujours au même point.