La Maison de l'histoire de France logera à Paris

CULTURE Nicolas Sarkozy a tranché: c'est finalement le site des Archives nationales qui accueillera ce projet...

avec AFP

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AFP

Un an et demi après l’annonce de sa création, la Maison de l’histoire de France a enfin une adresse. Alors que le château de Vincennes comptait parmi les favoris pour accueillir en ses murs ce projet, cher à Nicolas Sarkozy, le chef de l’Etat a finalement opté pour le site parisien des Archives nationales.
 
«Nous avons décidé de retenir comme siège de cette nouvelle institution le site des Archives nationales, grand quadrilatère regroupant au coeur de Paris les hôtels de Soubise et de Rohan autour de grands jardins», a-t-il déclaré dimanche dans un discours prononcé aux Eyzies-de-Tayac (Dordogne), en marge d’une visite des grottes de Lascaux.
 
Calendrier
 
Cette annonce est une déception pour le maire (Nouveau centre) de Vincennes, Laurent Lafon, qui a déploré une «vraie occasion manquée de donner une consistance au Grand Paris». Mais le choix de Nicolas Sarkozy est fait et le calendrier d’ouverture de la Maison de l’histoire de France se précise.
 
La Maison de l'histoire de France sera créée «dans les prochains jours» et «s'incarnera dans un réseau de musées», selon le chef de l’Etat. Ils constitueront «le premier cercle d'un réseau appelé à tisser des liens avec les mille musées d'histoire éparpillés sur tout le territoire», a-t-il ajouté. Neuf musées nationaux, représentants diverses périodes historiques, doivent passer sous la bannière de la Maison de l'histoire de France, selon l’AFP. Il s'agit du musée de la Préhistoire des Eyzies de Tayac, du musée d'archéologie de Saint-Germain-en-Laye, du musée du Moyen-Age de Cluny, du musée de la Renaissance d'Ecouen, du château de Pau, du château de Fontainebleau, de la Malmaison, du musée de Compiègne et du musée des plans reliefs aux Invalides.
 
Autres événements à suivre, l’ouverture, «au printemps prochain», des jardins des Archives nationales au public. Suivra une «première grande exposition», dont la préparation est confiée au ministre de la Culture Frédéric Mitterrand, «dès la fin de l'année 2011», a encore précisé dimanche Nicolas Sarkozy. Le quartier général de la Maison de l'histoire de France, dont les contours sont encore flous
, devrait être prêt pour 2015.
 
80 millions d’euros
 
Depuis son élection en 2007, Nicolas Sarkozy défend le projet de créer un musée de l'histoire de France. Le 13 janvier 2009 à Nîmes, présentant ses voeux au monde culturel, le chef de l'Etat en a pris officiellement l'engagement
, afin de «renforcer l'identité qui est la nôtre, l'identité culturelle».
 
Pour faire son choix, Nicolas Sarkozy disposait de trois rapports (Hervé Lemoine, Jean-Pierre Rioux, Jean-François Hebert) passant au crible les différents sites possibles
(Invalides, châteaux de Versailles, de Fontainebleau ou de Vincennes, Hôtel de la Marine, île Seguin, etc.). Ces derniers mois, le site parisien des Archives, rue des Francs-Bourgeois, s'est peu à peu imposé, à la fois par son caractère central, son accessibilité et le fait qu'une part de ses locaux allait être prochainement libérée (voir encadré).
 
L'intersyndicale CFDT-CFTC-CGC-CGT des Archives nationales a d'ores-et-déjà protesté contre le projet, estimant que la Maison de l'histoire de France n'y a «pas sa place». Le coût de réalisation devrait tourner autour de 80 millions d'euros, selon une source proche du dossier qui souligne que les hôtels particuliers avaient de toute façon besoin d'être restaurés.

Déménagement
Une grande partie des archives conservées dans ce vaste quadrilatère de 34.000 m2, composé de huit hôtels particuliers, doit partir à Pierrefitte-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) d'ici 2013. Le site parisien des Archives nationales ne doit garder que les documents de l'Ancien Régime et les minutes des notaires parisiens. Pour s'installer, la Maison de l'histoire de France a besoin d'environ 10.000 m2.