« Ça va être atroce, ces gens qui m'adulent »

Caroline Vié

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Pour sa 36e édition, le festival de Deauville rendra hommage au cinéaste Terry Gilliam.
Pour sa 36e édition, le festival de Deauville rendra hommage au cinéaste Terry Gilliam. — F. MALTESE / SIPA

Comme chaque année, le cinéma américain est au programme à Deauville pour la rentrée. L'ex-Monty Python devenu réalisateur, Terry Gilliam (Brazil, L'Armée des douze singes...), sera au festival ce week-end pour y rencontrer ses fans. C'est avec son humour habituel que le (presque) septuagénaire a fait ses confidences à 20 Minutes.

Vous êtes heureux que

le festival vous rende hommage ?
Oui et non, car c'est ce qu'on fait habituellement pour les vieux réalisateurs sur le point de tirer leur révérence . D'un autre côté, j'aime l'idée d'un hommage de mon vivant et je pourrais toujours mourir sur scène de façon spectaculaire pour satisfaire mes fans.
Vous les aimez vos fans ?
Ils me tapent sur le système parce qu'ils s'approprient mes films et que je ne les reconnais plus quand ils m'en parlent ! C'est pour cela que je m'entoure de gens qui me détestent quand je suis chez moi.
Vous allez donc subir de dures journées d'épreuves ?
Cela va être atroce : des gens qui m'adulent dans un décor de rêve, en mangeant de la nourriture délicieuse. Je vous autorise à me plaindre, moi, pauvre cinéaste américain perdu en Europe.
Vous allez revoir Brazil ce soir ?
Cela me fait plaisir de retrouver la version européenne [plus longue] sur grand écran car c'est la seule dont je suis réellement l'auteur. Je me souviens être venu à Deauville pour la défendre au milieu des années 1980. L'accueil chaleureux que j'ai reçu à ce moment-là était réconfortant, car je me battais contre la production pour ma version du film.