Quasimodo a vraiment existé

CULTURE Il a été découvert dans les archives de la Tate en Angleterre...

Charlotte Pudlowski

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Le Bossu de Notre Dame
Le Bossu de Notre Dame — SIPA

Ceux qui ont lu Notre Dame de Paris, l’un des chefs d’œuvre de Victor Hugo, savent que le Quasimodo de Disney, à côté c’est de la gnognotte. Le vrai, il n’a pas juste une bosse et une arcade sourcilière un peu protubérante. Non, le bossu de Victor Hugo, il a un œil qui disparaît sous une verrue, un nez tétraèdre, une bouche en fer à cheval, des dents désordonnées, et même une «lèvre calleuse sur laquelle une de ses dents empiétait comme la défense d'un éléphant, de ce menton fourchu, et surtout de la physionomie répandue sur tout cela, de ce mélange de malice, d'étonnement et de tristesse.» Et bien cet homme-là, il aurait existé.
 
La clé de cette intrigue se trouve sur les étagères des archives de la Tate, à Londres, dans les mémoires de Henry Sibson. Ce sculpteur, employé au 19e siècle à la cathédrale, à peu près à l’époque à laquelle le livre fut écrit, raconte l’existence d’un personnage, que tout le monde surnommait le Bossu, et qu’il avait rencontré durant ses travaux pour Notre-Dame.

Crédibilité

C’est un chercheur de la Tate, Adrian Glew qui a fait le rapprochement. Non seulement les dates concordent, mais Victor Hugo avait fait énormément de recherches, comme il le faisait pour tous ses livres, sur la cathédrale. Il était devenu expert dans les moindres détails de son architecture et très engagé pour une restauration gothique (et pas néo-classique: un peu l’équivalent du débat pyramides ou pas pyramides devant le Louvre).
 
Ses liens avec la cathédrale rendent donc extrêmement probable sa rencontre avec les sculpteurs, et sa connaissance, au moins indirecte, du Bossu. D’autres individus décrits par Sibson ressemblent par ailleurs à des personnages de l’écrivain. Les spécialistes d’Hugo se penchent avec attention sur le sujet. De toute façon, on sait bien depuis Proust que la vraie vie, c'est la littérature.