Dufilho, mort d’un «comédien-paysan»

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Une gueule comme il n’en existe plus. Jacques Dufilho, éternel second rôle du cinéma français, est décédé dimanche à 91 ans. Son agent n’était pas encore en mesure hier de préciser les causes de sa mort. Comédien au regard noir sous des sourcils broussailleux et dont la voix est reconnaissable entre toutes, Jacques Dufilho avait suivi des études d'agriculture dans son Sud-Ouest natal et se qualifiait lui-même de « comédien-paysan ». Au théâtre, il fut inoubliable dans L’Avare (1962) et remporta un molière du meilleur comédien avec Je ne suis pas Rappaport (1988). Au cinéma, sa carrière fut plus inégale, en dépit d’apparitions dans de grands films populaires tels Zazie dans le métro (1960), La Guerre des boutons (1961), Le Crabe-tambour (qui lui valu un César du meilleur second rôle en 1978), Un mauvais fils (autre césar en 1981) ou Les Enfants du marais (1998)... Monarchiste légitimiste, catholique traditionaliste nostalgique des messes en latin, Jacques Dufilho ne cachait pas son opposition au suffrage universel. Cela ne déteignait pas sur le choix de ses rôles, même s’il incarna, en fin de carrière, le maréchal Pétain pour Jean Marboeuf (1993). S. Leblanc