Terzieff, la voix du théâtre s'est tue

Stéphane Leblanc

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Laurent Terzieff a reçu son dernier molière du meilleur interprète en avril 2010.
Laurent Terzieff a reçu son dernier molière du meilleur interprète en avril 2010. — NIVIERE / BENAROCH / SIPA

Les obsèques de Laurent Terzieff se tiendront mercredi à 10 h 30 en l'église Saint-Germain-des-Prés, à Paris. L'acteur, décédé de complications pulmonaires à 75 ans, a eu droit ce week-end à un concert de louanges. « Ce révolté élégant forçait le respect », témoigne Christian Schiaretti, qui l'a mis en scène dans Philoctète, son dernier rôle.

Une collection de molières
« C'était une voix, peut-être LA voix, une incarnation du théâtre », selon Olivier Py, le directeur de l'Odéon, « un homme admirable, d'une profonde humilité », pour le metteur en scène Robert Hossein. Fabrice Luchini évoque « une grande lumière qui a traversé le théâtre ». C'est pourtant le cinéma qui a révélé Laurent Terzieff, en dandy sans scrupule dans Les Tricheurs de Marcel Carné (1958). Mais ce comédien au visage émacié préférait déployer sa longue silhouette au théâtre. Tête d'Or, mis en scène par Jean-Louis Barrault fut son premier triomphe en 1968. Ce que voit Fox (1988) et Temps contre temps (1993) lui ont permis d'entamer une impressionnante collection de molières. Le dernier, reçu à la fois pour Philoctète et pour L'Habilleur, a montré qu'au-delà de réconcilier public et privé, le meilleur de son jeu reposait sur une exigence de qualité et de divertissement.

Hommages

TV et radios bouleversent leurs grilles. France 3 diffusera Les Tricheurs, film de Marcel Carné, demain à 22 h 45. On pourra aussi voir la pièce L'Habilleur, mercredi à 22 h 10 sur France 2, et entendre Philoctète, mardi 13 juillet à 20 h sur France Culture.