«Ma fille était plutôt gênée par le succès d'Hello Kitty»

Propos recueillis par Joël Métreau

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Sébastien Ortola

A la Japan Expo, la designer Yuko Shimizu présente Rebecca Bonbon, sa dernière mascotte. Mais elle est plus connue pour avoir imaginé Hello Kitty.

Comment avez-vous créé Hello Kitty?

En 1976, je travaillais pour la société Sanrio, qui s'occupait d'exploiter Snoopy. J'ai moi-même dessiné beaucoup d'objets avec Snoopy dessus. Un jour, j'ai fait une tête de chat pour un porte-monnaie et l'objet s'est vendu plus que les autres. Le nom Kitty vient du chat d'Alice dans De l'autre côté du miroir.

Sur quels objets avez-vous été surpris de voir Hello Kitty?

Un porte-clés où elle est habillée comme le héros du manga Full Metal Alchemist, avec un manteau rouge et une natte. Comme j'ai quitté la société, je n'ai plus mon mot à dire.

N'avez-vous pas l'impression d'avoir été éclipsée par votre création?

Au contraire, je n'ai jamais voulu devenir célèbre. Que Hello Kitty soit connue sans moi me permet de vivre sans pression.

Et pourquoi le chien Rebecca Bonbon?

J'avais envie de faire autre chose que des chats. J'ai vu ce bouledogue français dans un livre d'images, et je l'ai trouvé très mignon.

Votre fille doit être fière de vous…

Ma fille était plutôt gênée de ce succès car c'est quelqu'un d'assez discret. Quand elle était petite, elle cachait à ses copines que sa mère avait créé Hello Kitty. Evidemment, aujourd'hui, elle est adulte, alors elle comprend.

A quoi ressemble votre vie ?

J'habite à Tokyo. Mes journées commencent à 6 h du matin. Je prépare le petit déjeuner pour mon mari, comptable, je l'emmène au travail. Après je dessine encore un peu.

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