« Ce disque, il fallait qu'il porte mon âme »

Recueilli par Boris Bastide

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La chanteuse Karen Elson fait partie depuis plusieurs années d'une troupe de cabaret.
La chanteuse Karen Elson fait partie depuis plusieurs années d'une troupe de cabaret. — Kate Elson

Mannequin reconnue, âgée de 31 ans, Karen Elson a des goûts musicaux passés de mode. Mme Jack White des White Stripes à la ville livre avec son premier album The Ghost Who Walks douze morceaux mêlant folk, influences cabaret et country. Un héritage assumé.

Pourquoi avoir tant attendu

pour sortir votre premier album ?
C'est vrai que cela fait maintenant une dizaine d'années que je participe à divers projets musicaux, mais je ne me sentais pas prête à être sur le devant de la scène.
Vous aviez notamment repris il y a quelques années Je t'aime moi non plus de Gainsbourg avec Cat Power ?
A cette époque, j'ai passé du temps en studio avec des amis. Puis à la fin, je me suis rendu compte que le résultat n'était pas assez personnel. Je ne voulais pas porter le travail des autres comme dans la mode. Si je sors un disque, il faut que j'en écrive les paroles, les musiques. Qu'il porte ma vision, mon âme.
The Ghost Who Walks s'inscrit dans des styles musicaux plutôt désuets ?
Si ça ne tenait qu'à moi, je resterai dans le passé. J'adorerais vivre dans les années 1930. J'admire tant d'auteurs et de musiciens de cette décennie.
Mais la production reste moderne...
C'est grâce à mon mari, Jack White. Lui a davantage conscience qu'il faut renouveler les choses, même si en studio il n'utilise que de vieux instruments.
Vivre à Nashville, berceau

de la country, vous a inspirée ?
Là-bas, la musique est un vrai style de vie. Ce n'est pas comme à New York où elle est réservée aux gens cool. A Nashville, mêmes les chauffeurs de taxi jouent le soir dans des bars. Puis les musiciens sont tous très pros. Ça te pousse à faire du mieux possible.
Folk, cabaret, country... Vous

n'aviez pas peur de vous éparpiller ?
Si. Ça a été une lutte difficile par moment. Il a fallu que je me demande où était ma propre voix dans tout ça. Au final, je crois que ma personnalité se reflète dans cette diversité.

Votre écriture est très imagée...
J'aime raconter de petites histoires. En tant que modèle ou qu'artiste, je suis d'abord quelqu'un de très visuel. Je veux poser de petites images qui emmènent l'auditeur vers un ailleurs. C'est essentiel. Toute ma création se joue là.

enchantement

La musique du Sud des Etats-Unis hante avec bonheur The Ghost Who Walks. Eclectique, ce premier disque parfaitement produit fait la part belle à un romantisme de première classe.