Les Scissor Sisters s'offrent un melting-pop très années 1980

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Jake Shears (à gauche), leader du groupe.
Jake Shears (à gauche), leader du groupe. — DR

Côté pile ou côté face ? Conçue par Andy Wahrol, la célèbre pochette de l'album Sticky Fingers des Rolling Stone montrait un gros plan sur une protubérance dans un jean moulant. Les Scissor Sisters se retournent en dévoilant sur la couverture de Night Work, leur troisième album, une paire de fesses galbées dans un sous-vêtement, un cliché de Robert Mapplethorpe, photographe ayant travaillé sur l'érotisme homosexuel.
Jake Shears, 31 ans, le leader du quintet new-yorkais, n'a d'ailleurs jamais dissimulé qu'il était gay. A moitié dénudé en une du numéro de juin de Têtu, il déclarait au sujet de Night Work : « J'avais clairement envie d'un disque conçu pour danser et s'amuser. Je voulais que cet album reflète l'état d'esprit de l'âge d'or de la libération homosexuelle. »
Coproduit par Stuart Price (The Killers, Madonna), Night Work amorce donc un virage dance et festif. Au milieu de ce melting-pop des années 1980, on retrouve un Whole New Way qui renvoie au funky I Want Your Sex de George Michael ou un Sex and Violence avec ses paroles en demi-teintes si chères aux Pet Shop Boys. En guise de guest star, l'acteur Ian « Gandalf » McKellen fait une apparition sur Invisible Light, comme Vincent Price sur le Thriller de Michael Jackson.Dommage que certains titres, comme le single Fire With Fire, dissolvent par leur banalité l'extravagance du groupe.Joël Métreau