Les petites voix peuvent faire de jolis shows

MUSIQUE Les chanteuses aux voix fragiles ont quelques astuces pour bien passer en concert...

Benjamin Chapon

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Charlotte Gainsbourg avait séduit le public du festival californien de Coachella le18 avril 2010.
Charlotte Gainsbourg avait séduit le public du festival californien de Coachella le18 avril 2010. — C. PIZZELLO / AP / SIPA

L'expression «Charlotte Gainsbourg est timide et mal à l'aise en public » est devenue un pléonasme. Lorsque la chanteuse annonça l'an passé que la sortie de son album IRM serait suivie d'une tournée (lire ci-dessous), personne n'osa y croire. Et certains craignaient même le pire. Les arrangements sophistiqués et les ambiances sonores créés par Beck pour l'album furent des écrins classieux pour la voix soyeuse de Charlotte Gainsbourg. Mais sur scène?


Pour les chanteurs dont la puissance et l'aisance vocales ne sont pas les premiers atouts, même avec beaucoup de charisme pour compenser, les concerts restent une épreuve. Dominique Blanc-Francard, qui a réalisé le dernier album de Carla Bruni, nous confiait: «En studio, on habille la voix avec du sur-mesure, c'est de la dentelle. Sur scène, c'est plus difficile de gérer l'instrumental qui peut facilement couvrir la voix, ou au contraire, la laisser trop seule. L'équilibre est dur à trouver parce qu'on bosse sans filet.» Heureusement, la première dame de France ne donne pas de concerts. Pour les autres, il y a quand même quelques astuces.

 

Gare aussi aux hurleuses


« L'effet de souffle et les chuintements qui font le charme des petites voix ­passent très mal en live, raconte l'ingénieur du son Stéphane Nicolas. ­Souvent, on modifie d'un poil de cul le calage avec les instruments pour qu'il y ait une note jouée sur les fins de phrase. C'est la méthode du hip-hop avec un coup de caisse sur la rime. Les petites voix, il faut les dynamiser sur scène sans perdre l'intimité qu'elles génèrent. »


Pour Hervé D'Ambert, ingé son sur une tournée de la « Star Ac' », « les chanteurs sans voix doivent compenser avec une grande expérience de la scène. La vraie galère, c'est pas les fausses notes, mais quand un chanteur ne gère pas l'intensité de sa voix. Ou pire, qu'il change de tonalité entre les balances et le concert. Mieux vaut une chanteuse qui murmure dans le ton et l'intensité définis qu'une hurleuse qui fait n'importe quoi. »