Le maloya de là-bas épicé à la sauce métropolitaine

BANDE-SON La musique aussi est métissée à La Réunion...

Benjamin Chapon

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Danyel Waro (à gauche) et Davy Sicard (à droite), deux artistes réunionnais influencés par la musique continentale.
Danyel Waro (à gauche) et Davy Sicard (à droite), deux artistes réunionnais influencés par la musique continentale. — dr

Comme la samba au Brésil, le fado au Portugal, la pop en Angleterre, le maloya est LE genre musical réunionnais. Aujourd'hui omniprésent et remis au goût du jour par une foule de jeunes groupes, le maloya a pourtant bien failli disparaître, et était interdit jusqu'en 1981 à cause du fervent indépendantisme qu'il véhiculait.

Danyel Waro, légende vivante de ce blues de l'océan Indien, chaloupé et mélancolique, sort un nouvel album, Aou Amwin, sur son île. La métropole, elle, devra attendre la rentrée. Davy Sicard, l'autre star du maloya, a fait l'inverse pour son dernier album, Kabar. «Il a un peu choqué les Réunionnais parce qu'il fait une sorte de pop maloya», raconte Nicolas Coyez.

«Née des voyages»

Ce jeune multi-instrumentiste venu à Paris pour «faire son trou», veut lui aussi faire vivre le maloya, mais avec des influences non occidentales. «C'est une musique née des voyages et des métissages des peuples réunionnais, et qui appelle à d'autres voyages, d'autres métissages.» Avec son groupe Dawar ou sur son album Fonkèr, il mêle admirablement sons africains et indiens mais aussi sud-américains ou cap-verdiens. «Le pur maloya, ça n'existe pas. Certains voudraient le figer, mais c'est impossible. La Réunion n'est pas coupée du monde, notamment parce que beaucoup d'artistes de métropole ou d'ailleurs y viennent pour roder leur tournée.»

Nombre de jeunes artistes réunionnais viennent, comme lui, en métropole, et y goûtent d'autres influences. S'il quitte désormais rarement son île, Danyel Waro avait coutume d'écumer les clubs jazz de la capitale. Et son maloya n'en fut que plus épicé.