«Le choix apporte le stress, pas le bonheur»

©2006 20 minutes

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Jonathan Coe Ecrivain anglais

Vient de publier Le Cercle fermé (Gallimard)

Pourquoi avez-vous attendu trois ans avant de publier cette suite de Bienvenue au club ? Entre-temps, j'ai écrit une biographie sur un romancier anglais des années 1960, BS Johnson

C'est mon travail le plus ambitieux et personnel, qui compose une sorte de trilogie avec les deux romans

Malheureusement, il n'est pas prévu de le publier en France

On retrouve les mêmes personnages vingt ans plus tard, leurs idéaux en moins

Crise de la quarantaine ou syndrome des années 2000 ? Les deux

Bon nombre de quadragénaires d'aujourd'hui sont installés dans une sorte d'apathie satisfaite

Le capitalisme nous a rendus trop prospères pour que nous ayons vraiment envie d'un changement social

Pourquoi avez-vous choisi ce titre, qui est le nom du club du livre précédent ? Parce que ces personnages sont tous reliés au passé, de façon différente

Les conséquences de nos expériences à l'école ou durant l'adolescence nous suivent toute la vie

C'est l'un des thèmes du roman

Le premier opus évoque l'avant-Thatcher, celui-ci l'ère Blair : quelles leçons tirer de la comparaison ? A partir de 1945 et jusqu'à l'arrivée de Margaret Thatcher en 1979, l'Angleterre s'est essayée au socialisme et a créé l'Etat providence

Trente ans plus tard, le pays a changé : plus chic, à la mode, prospère en surface, il est en réalité plein de tensions et teinté d'une sorte de tristesse causée par la course à la performance et la surenchère des choix à faire

« Choix » est le mot préféré du gouvernement Blair

Mais le choix apporte le stress, pas le bonheur

Dans laquelle de ces deux époques vous reconnaissez-vous ? Je préfère les seventies

Culturellement, c'était une période enrichissante, ouverte

Aujourd'hui, tout est plus « safe »

On ne peut hélas pas remonter le temps, il était inévitable d'arriver aux changements qui sont survenus et qui font la société d'aujourd'hui

Recueilli par Karine Papillaud