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SHANTAY, YOU SLAY« Drag Race France » a changé la vie des queens et de leur public

« Drag Race France » a changé la vie des queens et, un peu, celle de leur public

SHANTAY, YOU SLAY
Il y a un an, la compétition de drag-queens arrivait sur France Télévisions. Au fil des épisodes, elle est devenue un phénomène de société
Les dix candidates de la saison 1 de « Drag Race France ».
Les dix candidates de la saison 1 de « Drag Race France ». - Nathalie GUYON / Phototélé
Fabien Randanne

Fabien Randanne

L'essentiel

  • La saison 1 de « Drag Race France » était lancée le 25 juin 2022 sur France.tv Slash et France 2.
  • Ce samedi 24 juin, France 2 diffuse, en deuxième partie de soirée le documentaire « Le phénomène Drag Race France, un an avec les queens »
  • « Les témoignages et les messages que l’on reçoit depuis un an permettent de mesurer le retentissement sur la société. Des personnes queers et alliées nous remercient car l’émission leur a donné de la force, des clés pour savoir les bons termes à employer », raconte Raphaël Cioffi, auteur de l'émission.

«Une révolution de service public », titrions-nous, il y a un an, lors du lancement de la première saison de « Drag Race France ». Nous n’exagérions pas car la compétition de drag-queens, adaptée d’un format américain culte, mise en ligne sur France.tv Slash et diffusée sur France 2, a été le phénomène pop culturel de l’été. De fin juin à mi-août, au rythme d’un épisode par semaine, le public s’est passionné pour les talents, les parcours et les témoignages des dix candidates, reflétant et célébrant la diversité de la communauté LGBTQ +.

« Nous ne nous attendions pas à un tel impact, ni a une telle audience avec 1 million de téléspectateurs pour le premier épisode, plus de 2 millions de vidéos vues, plus de 5 millions de visionnages en replay et plus de 230.000 interactions sur Twitter », énumère Alexandra Redde-Amiel, la directrice des divertissements et jeux de France Télévisions.

« Quelque chose qui est allé dans la rue »

« Drag Race France » a trouvé son public aussi bien en ligne, pour les plus concernés, que sur le petit écran, pour toute une frange de la population peu au fait de la culture LGBTQ +. Les Français se sont pris au jeu des viewing parties, ces visionnages d’épisodes en public, dans les bars, animés par des drags. Pour la finale, le Café Beaubourg (Paris 4e) était plein à craquer et les images de liesse lors du sacre de Paloma ont fait le tour des médias médusés par une telle frénésie.

« C’était plus qu’une émission, c’est quelque chose qui est allé dans la rue. On a vu une communauté et des alliés se réunir. C’était mon rêve, un peu naïf, de rassembler en s’amusant, en réfléchissant », se réjouit Raphaël Cioffi, auteur de cette version tricolore.

« C’était un challenge, nous l’avons relevé ensemble », reprend Alexandra Redde-Amiel, soulignant que « Drag Race France » a permis de « faire rayonner les talents et leur créativité », mais aussi de « pousser les murs, interroger la société normative, déconstruire les clichés, raconter les combats, des histoires humaines, créer des discussions dans les familles. » Au-delà du simple divertissement, le programme a permis d’aborder des sujets sérieux tels que la transidentité, l’homophobie ou la séropositivité.

Des coming-out grâce à la saison 1

« Les témoignages et les messages que l’on reçoit depuis un an permettent de mesurer le retentissement sur la société. Des personnes queers et alliées nous remercient car l’émission leur a donné de la force, des clés pour savoir les bons termes à employer », raconte Raphaël Cioffi.

« Il y a des gens qui ont fait leur coming-out grâce à la saison 1 », salue Nicky Doll, la présentatrice de « Drag Race France ». Cette dernière a également officié comme maîtresse de cérémonie lors du spectacle qui, en réunissant sur scène les dix candidates, s’est joué de l’automne au printemps dans toute la France, souvent à guichets fermés. Plusieurs dates ont d’ailleurs été ajoutées face à la forte demande. « On a rempli treize fois le Casino de Paris, ce n’est pas rien, indique Raphaël Cioffi. Au fil des semaines, on a vu le public se diversifier. Au début, c’était très communauté queer et, peu à peu, on a vu de plus en plus de familles, de mamies… »

Des queens qui « vivent de leur art »

L’émission a aussi changé la vie des participantes. « Mon but était de faire respecter nos queens en France, qu’elles soient payées à leur juste valeur et puissent vivre de leur art. Mission accomplie », affirme Nicky Doll. La Kahena, Lova La Diva, Kam Hugh et leurs acolytes ont désormais des fans dans le monde entier. La Big Bertha, Elips et Soa de Muse étaient récemment en tournée au Canada. La Briochée est devenue une figure de la communauté trans et organise son temps entre la scène - elle se produit régulièrement au cabaret Madame Arthur - et son activité de comédienne de doublage - elle vient de donner sa voix à Nightbird dans la VF du dernier Transformers. Paloma, elle, en plus de sa chronique dans Quotidien sur TMC, sera prochainement sur scène avec son spectacle Paloma au plurielles et tournera dans le spin-off de The Walking Dead consacré à Daryl Dixon.

Lolita Banana, elle, coanime depuis le 22 juin, la version mexicaine de « Drag Race »… « Elle est une de mes plus grandes fiertés de la saison 1. J’ai hâte de la voir briller à sa juste valeur au Mexique [d’où elle est originaire] . Elle a vécu le rêve que j’ai eu la chance de vivre », confie Nicky Doll qui, avant de présenter la version française fut l’une des candidates de « RuPaul’s Drag Race » aux Etats-Unis et se reconnaît donc dans ce parcours. « Drag Race France », une révolution tricolore, oui, mais dont les secousses et déhanchés se ressentent au-delà des frontières. Et ce n’est pas fini : la saison 2 arrive le 30 juin.

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