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nostalgie« J’ai offert un doudou Koopa Troopa à ma fille, mais c’était pour moi »

« Super Mario Bros, le film » : Comment les jeux vidéo sont devenus les doudous de la génération X

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Alors que sort le film « Super Mario Bros », qu’un futur opus de « Zelda » approche et que triomphent « Hogwarts Legacy » et « Animal Crossing », « 20 Minutes » a interrogé ses lectrices et lecteurs sur leurs rapports nostalgiques aux jeux vidéo
Un écran du jeu vidéo « Super Mario World »
Un écran du jeu vidéo « Super Mario World » - Nintendo Entertainment / 20 Minutes
Benjamin Chapon

Benjamin Chapon

L'essentiel

  • 20 Minutes a demandé à ses internautes quel rapport ils et elles entretenaient avec leurs jeux vidéo préférés.
  • Alors que sort Super Mario Bros, le film, nombre d’entre vous considèrent les jeux vidéo de votre enfance comme de véritables doudous.
  • « Pour toute une génération, le jeu vidéo c’est la madeleine de Proust ultime. On a tous nos jeux madeleine », constate Cyril Drevet, spécialiste de la pop culture et animateur de l’émission culte Télévisator 2, qui fête ses 30 ans.

Mercredi soir, devant un cinéma de banlieue parisienne, la file d’attente pour voir Super Mario Bros, le film ne compte que deux enfants. Certes, il y a école le lendemain, mais tout de même. Sébastien, 43 ans, se justifie d’être venu sans ses enfants de 8 et 12 ans. « Je suis plus fan de Super Mario qu’eux, et je veux voir le film avant pour vérifier que ça leur plaira. » Le quadra envisage donc de voir le film deux fois... Plus loin, Natacha, 40 ans tout juste, est venue avec sa fille de 9 ans, Clara. « Je l’ai un peu forcée à venir, rigole-t-elle. Quand elle est née, je lui ai acheté un doudou Koopa Troopa, mais en vrai c’était surtout pour moi ! »

A l’instar de Natacha, de nombreux fans de Super Mario considèrent ce jeu vidéo comme une madeleine de Proust. Parmi les internautes de 20 Minutes qui ont répondu à notre appel sur le sujet, Isabelle confesse que « les vieux Super Mario, les Yoshi et les Kirby, leur côté mignon, rappellent l’enfance et aident à oublier les difficultés de l’âge adulte. » Mais il n’y a pas que Mario et Luigi qui font cet effet sur les adultes d’aujourd’hui et joueurs d’hier. « J’ai commencé à jouer à Minecraft à 16 ans en 2011, raconte Morgane. Depuis, ce jeu a toujours été mon refuge. Ses maps immenses et vides à explorer, ses musiques douces, ses paysages…. Le concept du sandbox aussi. J’y avais recréé pendant le confinement la maison que nous achetions et que nous aurions dû habiter… le 31 mars 2020 ! Échéance reportée à mai à cause du confinement. »

« Un jeu qui te transporte et t’apaise »

Le jeu vidéo qui console, Cyril Drevet connaît bien ce phénomène. L’animateur de l’émission culte Télévisator 2 vient justement de fêter les 30 ans de l’éphémère programme de France dédié aux jeux vidéo, entre mars 1993 et août 1994. « Pour toute une génération, le jeu vidéo c’est la madeleine de Proust ultime. On a tous nos jeux madeleine. Moi, j’en ai plusieurs, Burger Time, ça me rendait fou, mais avant il y a eu Space Invader que j’ai découvert en pension dans le foyer. J’ai pris la foudre quand j’ai découvert ce jeu. Puis Bomberman sur Super Nintendo qui reste un de mes jeux fétiches. »



« Pendant le confinement, j’ai joué comme un ouf à Animal Crossing, c’est un jeu qui te transporte et t’apaise, comme les jeux de ton enfance, presque comme un doudou… Ça vaut une séance de yoga ! »

Ainsi de nombreux gamers, assidus aux sorties de jeux vidéo récents, restent étrangement attachés aux premiers opus de sagas. Comme Antonio, adepte de Tomb Raider : « Ce jeu m’a totalement bouleversé à l’époque ! Je n’avais qu’une dizaine d’années mais j’étais époustouflé par le réalisme des décors. J’aime toujours autant cette série même si les premiers sont ma madeleine de Proust. »

Nostalgie IRL

On retrouve ce même sentiment chez Ketzaal : « Je suis très attaché aux jeux de mon enfance comme The Legend of Zelda ou encore Pokémon, je prends toujours plaisir à y rejouer par nostalgie. Ça me rappelle ces moments où on se retrouvait avec les copains dans la cour de récré pour partager notre avancée et nos découvertes sur ces jeux, ou les après-midi à jouer à Mario Kart sur la Nintendo GameCube… »

Aussi virtuels soient-ils, les univers de jeux vidéo suscitent de souvenirs de moments bien réels. Guillaume, 33 ans, « baigne dans les jeux vidéo » depuis son enfance : « La licence de mon enfance restera Mario, encore aujourd’hui je ne rate aucun des nouveaux jeux qui sortent. Mais le jeu qui m’a marqué, je l’ai découvert quand j’avais 19 ans, en 2009, c’est World of Warcraft, un univers très riche, une histoire passionnante et prenante qui peut s’écrire en des dizaines de tomes, une musique exceptionnelle, et surtout, un gameplay social qui m’a marqué… C’est à travers WoW que j’ai fait la connaissance de très bons amis, encore aujourd’hui, des amis que j’ai vu IRL au fil du temps, certains qui se sont même mariés en jeu puis en vrai ! »

Super Mario a eu des enfants

Si cette nostalgie est aujourd’hui possible, c’est aussi parce que le jeu vidéo est désormais un loisir et une culture acceptable. « A l’époque de Télévisator 2, l’ambiance était très négative vis-à-vis des jeux vidéo dans les médias, se rappelle Cyril Drevet. Nous, on a apporté une vision différente, on a vraiment transmis notre passion du jeu vidéo et de la pop culture. A l’époque, on appelait ça la culture gaming… »

Une culture devenue grand public et transgénérationnelle. « Les pères et mères des enfants d’aujourd’hui étaient les joueurs d’hier, et n’ont pas la même approche que les parents de notre époque, poursuit Cyril Drevet. Les parents des années 1980 et 1990 étaient hostiles aux jeux vidéo. La mentalité dans la société n’est plus la même, les jeux vidéo sont traités avec plus de respect. »

Le pixel en héritage

Et si les parents continuent de rejouer aux vieux jeux (ou aux nouvelles versions des anciens jeux), la nouvelle génération de joueur se fabrique également des souvenirs pour les décennies à venir. « Actuellement je joue à Hogwarts Legacy, raconte Morgane. Ce jeu m’emporte et m’apporte un sentiment de plénitude : l’unique chose au monde que je ne pourrais jamais faire, aller à Poudlard, est accessible au bout du clavier ! C’est grisant… »

« On est dans un univers où on est de plus en plus sollicité, constate Cyril Drevet. On ne peut pas jouer à tous les jeux auxquels on voudrait jouer, c’est impossible. En plus, depuis les années 1980, se sont ajoutés les mangas, les séries, les films… La pop culture, c’est tout un univers qui s’enrichit. Mais au milieu de tout ça, il y a toujours des jeux vidéo qui auront marqué toute une génération, et pour longtemps. Tu ne connais pas un gamin qui n’a jamais joué à GTA, Fifa et Call of Duty. »

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