un coup de feu agite les toques

Stéphane Leblanc

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Plutôt speed, l'ambiance dans les cuisines de la bande dessinée « Lord of Burger ».
Plutôt speed, l'ambiance dans les cuisines de la bande dessinée « Lord of Burger ». — Dr

Le coup de feu, en cuisine, ce n'est pas le moment où l'on se venge d'un chef tyrannique, même s'il en existe, bien sûr, comme dans Lord of Burger (Glénat). Celui de cette excellente bande dessinée se retrouve d'ailleurs assassiné dès le début d'une intrigue menée tambour battant. Non, le coup de feu, c'est juste ce moment du service où le restaurant a le plus de clients et où la cuisine est dans l'urgence.

« Un coup de feu n'a rien à voir

avec un coup de bourre »
Les deux scénaristes, Alwett et Arleston, ont profité d'un dîner chez Yannick Alleno, à la table du très chic Meurice, à Paris, « pour voir comment ça vit, une cuisine, dans toute sa frénésie ». Et tenté de coller au mieux à la réalité.
« Ils ont fait du bon boulot ! », s'enthousiasme le chef triple étoilé, passionné de BD – de vieux Gotlib notamment. Yannick Alleno s'est prêté au jeu du cordon-bleu consultant. Pour autant, il se défend d'être le chef tyrannique décrit dans l'histoire. Même si, physiquement… « Non, non, ce n'est pas moi, du tout. Je reconnais juste ma recette du poireau à la béchamel » : beurre, farine, lait et un peu d'agar-agar avant de plonger le poireau… Un plat alléchant par son exécution, tout en douceur et précision. C'est tout juste si le chef concède qu'un coup de feu, « ça ne se passe pas dans la nonchalance, en effet ». Pour autant, ça n'a rien à voir avec un coup de bourre. Rien n'est pire que le désordre ou la précipitation en cuisine. « C'est plutôt comme un match de rugby, reprend Yannick Alleno. L'ambiance est tendue. Il faut du peps, de l'énergie. Mais ça procure une montée d'adrénaline à laquelle aucun chef ne peut rester indifférent. »