Un jour, les Canadiens d'Anvil ont pété leur métronome et inventé le speed metal.
Un jour, les Canadiens d'Anvil ont pété leur métronome et inventé le speed metal. — F. GRECO

Culture

Anvil et mort du metal très grande vitesse

Taper le fer tant qu'il est chaud

Au commencement étaient la double pédale de grosse caisse et une rapidité d'exécution hallucinante. Un style musical en naquit, le speed metal. Et les fans de musique-qui-joue-fort virent que cela était bon. Anvil, précurseur, voire inventeur du genre, est cette année à l'affiche du fameux Hellfest Festival, qui se tiendra du 18 au 20 juin à Clisson près de Nantes. Ces glorieux anciens (pas d'offense, le groupe canadien est né en 1977) inspirent un mélange de respect et de gêne parmi la communauté metal.

Pas de crânes ensanglantés
« Ils ont été les premiers à accélérer le tempo de leurs morceaux, plus vite qu'Iron Maiden et Judas Priest », rappelle Ben Barbaud, programmateur du Hellfest. Mythique pour avoir, paraît-il, été le premier groupe à employer le mot « metal » dans un de ses morceaux, Anvil n'a pourtant pas connu de réelle postérité. « Le speed metal n'existe plus, estime Ben Barbaud. Je ne sais pas si on peut dire que les groupes trash metal sont leurs descendants. Mais ils n'auraient sans doute jamais vu le jour sans le speed. » Commercialement, le speed metal n'a jamais vraiment percé, là où le trash cartonne avec Metallica, Megadeth ou Slayer. « Anvil n'a pas marché du feu de dieu parce qu'ils n'ont jamais vraiment trouvé de famille. Ils ne jouaient pas les gros durs. Par exemple, Anvil n'a jamais mis une tête de mort ensanglantée sur une pochette de disque. »
Autre sous-genre metal considéré comme héritiers du speed, les groupes de power metal ont développé une esthétique assez… personnelle. Les Stratovarius, Helloween, Sonata Arctica, Gamma Ray et autres Dragon Force goûtent le romantisme épique et les nappes de cor­des au synthé. Parfois appelé « tapette métal » dans un élan homophobe digne du hip-hop, le power reste, pour certains, ce qui se rapproche le plus du speed en raison de la virtuosité des solos. « Avec leurs cheveux permanentés et leurs beaux habits, c'est pas très sauvage, juge Ben Bardaud. Mais on est toujours le ringard de quelqu'un dans le metal. »

Le metal, ça conte

Il existe une typologie poilante des sous-genres du métal qui utilise le conte du chevalier, du dragon et de la princesse. Exemples. Black Metal : Le chevalier tue le dragon, boit son sang, viole la princesse, boit son sang. Symphonic Black Metal : Idem avec finesse. Metal-Indus : Le chevalier arrive en porte-jarretelles, fait des gestes obscènes au dragon, et se fait jeter hors du château par la sécurité. Grind Metal : Le chevalier arrive, crie quelque chose de parfaitement incompréhensible pendant deux secondes et repart.