France Inter condamné pour avoir diffamé «l'empire noir» de Bolloré

MEDIAS L'ancien directeur de publication, Jean-Paul Cluzel, et le journaliste, Benoît Collombat, devront verser des amendes...

Avec agences

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France Inter a été condamné ce jeudi 6 mai par le tribunal correctionnel de Paris pour avoir diffamé le groupe Bolloré après avoir diffusé un reportage intitulé «Cameroun, l'empire noir de Vincent Bolloré», et qui dénonçait l'attitude du conglomérat dans ce pays.
 
L'ancien directeur de publication de France Inter, Jean-Paul Cluzel, et le journaliste Benoît Collombat, auteur du reportage (qui avait été diffusé en mars 2009 dans Interception), ont été condamnés chacun à 1.000 euros d'amende. Ils devront en outre verser solidairement à Bolloré un euro de dommages et intérêts et 10.000 euros de frais de justice. France Inter devra diffuser un communiqué à l'antenne, faisant état de sa condamnation, dans un délai d'un mois.
 
Le nombre de témoins à charge contre Bolloré ne manquaient pas. Benoît Collombat interviewait notamment nombre de camerounais, qui épinglaient les pratiques du groupe (qui a longtemps incarné l'entrepreunariat éthique) dans le pays: il y contrôle en grande partie le port autonome de Douala, les chemins de fer et des plantations de palmiers.
 
Jeudi, la 17e chambre a considéré que sur les six passages incriminés, quatre étaient effectivement diffamatoires. Sur ces quatre passages, elle a jugé que la plupart manquaient de «sérieux» ou de «prudence». A ce titre, elle a, à plusieurs reprises, refusé d'octroyer à France Inter le bénéfice de la bonne foi.
 
France Inter ignorait jeudi si elle allait faire appel. L'avocat de Bolloré, Me Olivier Baratelli, se réjouissait lui de ce que le tribunal ait «donné une leçon de journalisme à certains journalistes».