Le duo Cocorosie emporté vers le large

Boris Bastide

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De Cocorosie, on retient souvent ces drôles de bruits d'animaux et enfantins intégrés à leur musique. Comme si l'univers des deux sœurs Casady, auteurs en 2004 du très remarqué La Maison de mon rêve, était réductible à un tic un peu toc.
Leur quatrième album, Grey Oceans, prouve pourtant, une nouvelle fois, l'incroyable inventivité du duo. Folk, hip-hop, classique et de manière plus poussée ici électronique... Cocorosie mêle tous les genres sans souci des étiquettes. Et avec le goût des contrastes.

Créer, explorer, s'ouvrir
« C'est un peu comme la théorie des couleurs, explique Bianca. Il faut trouver la bonne vibration. Collé à des sons électroniques, le piano révèle sa nature organique. » Et l'instrument joue ici les têtes d'affiche, grâce à l'apport du musicien Gaël Rakotondrabe. « Il a ouvert des portails en nous, qui ouvrent sur de nouvelles choses », déclare Sierra.
Créer, explorer, s'ouvrir. Chez les sœurs Casady, c'est un véritable mode de vie. Avec pour quête, la vérité. « Il faut faire travailler l'imagination, ne cessent-elles de répéter. Capter l'essence des choses et la traduire en musique. »
Pour Grey Oceans, Cocorosie a d'abord composé une quarantaine de chansons, dans un grand élan créatif, pour n'en garder que onze au final. « Dans un premier temps, on joue avec nos voix pour explorer les émotions que l'on porte en nous, affirme Sierra. Ensuite, il faut voir si ce qu'on a trouvé a du sens. » Du planant Trinity's Crying au ludique Hopscotch en passant par l'émouvant Grey Oceans ou le dansant Fairy Paradise, la palette est ici des plus larges. Réusissant à chaque fois le tour de force de toucher à quelque chose de magique.