« Cosmogramma », trip urbain et halluciné de Flying lotus

JOël Métreau

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Les hippies de la côte ouest divaguaient dans la nature. Voici une flânerie hallucinée le long d'une artère urbaine. Originaire de Los Angeles, Flying Lotus, alias Steven Ellison, a construit son Cosmogramma comme une constellation au sol de dix-sept morceaux. Le troisième album du musicien de 26 ans absorbe les flux musicaux (hip-hop, drum'n'bass, dubstep, jazz...) pour imaginer des textu­res sonores savantes, souvent ludi­ques. Comme ce Table Tennis, où un échanges de balles au ping-pong fait écho aux princements de guitare.
Une créativité foisonnante, digne du label Warp. On ne s'étonne pas d'entendre le leader de Radiohead, Thom Yorke, poser sa voix sur le titre And the World Laughs With You : « Je lui ai envoyé deux ou trois choses et il m'a répondu qu'il était très occupé et n'aurait pas le temps de faire quoi que ce soit, raconte Flying Lotus. Deux jours plus tard, il m'a envoyé sa partie par e-mail. C'est un honneur, car il ne partage pas son univers musical avec beaucoup de monde. »
Sur les beats électro de l'album s'invitent des instruments à cordes, notamment la harpe, en hommage à sa tante auquel l'album est dédié. C'est Alice Coltrane, épouse du saxophoniste John Coltrane et compositrice de jazz. « Un jour, elle parlait de planètes, disant que les gens ne se rendaient pas compte qu'ils faisaient tous partie d'un jeu, se souvient Flying Lotus. Elle appelait ça “Cosmic Drama“. Moi, j'avais compris Cosmogramma. »