Woody Allen, drôle à croquer

Stéphane Leblanc

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« Dans la vie, il y a deux choses : le sexe et la mort. Et bien sûr avec ma chance habituelle… c'est la plus mauvaise qui est éternelle. » De tels aphorismes, les fans de Woody Allen croient les avoir entendus dans ses films. Mais beaucoup ont été développés, entre 1976 et 1984, par le dessinateur Stuart Hample.
La presse américaine s'est d'abord arraché ses comic strips représentant Woody Allen dans ses angoisses existentielles les plus drôles ou ses romances les plus rocambolesques. Avant de s'en détourner pour cause de gags « trop complexes » ou de personnage « trop proche de celui du cinéma ». C'est cette histoire que Stuart Hample raconte dans Angoisse & Légèreté (éd. Fetjaine), un album richement illustré.

« Je ne bronze pas,
je fais de l'apoplexie »
Le dessinateur avait rencontré Woody Allen à ses débuts au music-hall, en 1955. « Je ne bronze pas, je fais de l'apoplexie », clamait alors ce « rouquin à lunettes au teint comparable à celui du ventre d'une grenouille ».
C'est le succès d'un strip consacré à Chaplin, dès 1915, qui donna l'idée à Stuart Hample de proposer une initiative comparable à Woody Allen. En 1975, le réalisateur travaillait sur le montage d'Annie Hall et non seulement, il accepta, mais offrit en prime à Stuart Hample « un carnet contenant plusieurs dizaines de pages de notes humoristiques rédigées à l'époque de ses spectacles comiques ».
Ce carnet plein de saillies du type « ils m'ont attaché à l'étoile juive, peu commode pour une crucifixion » allait servir de base à l'inspiration d'un homme encore étonné d'avoir « navigué en eaux calmes » avec un réalisateur qui était alors au fait de sa gloire.