bart & baker, en haut et en forme

cédric couvez

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Le duo de DJ parisiens Bart (à gauche) et Baker (à droite) sort sa première compilations cette semaine chez Wagram.
Le duo de DJ parisiens Bart (à gauche) et Baker (à droite) sort sa première compilations cette semaine chez Wagram. — DR

A eux deux, ce sont les plus vieux DJ du monde. Mais ils n'en diront pas plus sur leur âge. En queue-de-pie et haut de forme, derrière leurs platines, ils marient lors de chacun de leurs sets des vieilleries swing avec des beats électro. Et contre toute attente, Bart & Baker sont devenus les nouveaux chouchous de la branchitude parisienne. Cette semaine, le duo sort sa première compilation chez Wagram, Swing Party, l'occasion de rencontrer ces ovnis de la hype dans un bar d'hôtel des beaux quartiers de la capitale.
« Nous nous sommes connus en 1999 via des amis communs grands collectionneurs de disques. Baker est fan de music-hall et de jazz, moi, j'étais plutôt tourné vers la house. De nos différentes sensibilités musicales est née le duo Bart & Baker », balance avec son débit mitraillette, Bart, le trublion du duo. « D'ailleurs, ce sont évidemment des pseudos, précise Baker, la voix chevrotante. Bart, en référence aux Simpson car il est petit, énergique et toujours prêt à faire une bêtise. Baker, c'est pour ma relation privilégiée avec Joséphine Baker. J'ai failli être le quatorzième enfant qu'elle aurait adopté. Elle était très amie avec ma maman et voulait absolument m'adopter dans sa famille… »

Double vie, double envie
Outre qu'ils font faire swinguer les teu­feurs la nuit tombée, nos deux pingouins triment dur la journée. Bart coache des PDG alors que Baker a son cabinet de médecine généraliste à Trocadéro. Une double vie qui peut parfois engendrer des situations cocasses : « Nous mixions dans un bar à cocktail lorsqu'une superbe jeune femme s'approche de moi et s'écrie : “Mais c'est mon docteur !” Je la connaissais effectivement depuis toute petite », s'amuse encore Baker.
Du swing, Bart & Baker en retiennent surtout la partie fun : « Nous faisons les choses sérieusement sans jamais se prendre au sérieux. D'ailleurs, à chacun de nos sets, les jeunes se foutent de nous, pensent que nous sommes des magiciens et nous regardent comme si c'étaient leurs pères qui mixaient… Notre fierté est de transformer ces petites moqueries en pure énergie sur la piste de danse », balance en chœur le duo. Mélomanes et passionnés, nos hipsters du troisième âge ont réussi à fidéliser une clientèle de puristes et de curieux : « Le mélange de clientèle dans nos soirées est primordial. Les danseurs de swing restent généralement sur le parquet et ne consomment pas. Ce qui n'est évidemment pas dans l'intérêt du taulier… C'est pourquoi, il est important de mixer ces gens-là avec des pin-up, des jeunes, des riches et des freaks. »
Et bonne nouvelle pour nos deux joyeux lurons, la mode du swing n'est pas près de s'arrêter… grâce à la crise économique : « Dans les périodes de doute et d'insécurité financière, on se rabat toujours sur une petite parcelle du passé que l'on idéalise. Un peu comme une ancienne chambre de bonne dont ne garde finalement que des bons souvenirs une fois bien installé dans la vie », affirme Bart. Et Baker d'ajouter : « Sans compter le retour des danses à deux. Pendant les années 1990, tout le monde écoutait du boum boum et gigotait dans son coin. Puis Internet a dématérialisé les relations humaines. Maintenant, les gens ont besoin de se retrouver, de vibrer ensemble et de se toucher. »