« J’ai trouvé la faille dans vot’ système »… Lorenzo casse Spotify et Deezer avec son nouvel album

Coup de génie Les plateformes de streaming ont dû retirer l’album « Légende Vivante » qui avait été découpé en 68 morceaux de plus de 30 secondes pour optimiser le nombre de lectures

Camille Allain
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Bob Pikachu, cheveux longs et lunettes de soleil... Toujours le meilleur style pour le rappeur Lorenzo, ici lors du tournage d'un clip de son dernier album Légende vivante.
Bob Pikachu, cheveux longs et lunettes de soleil... Toujours le meilleur style pour le rappeur Lorenzo, ici lors du tournage d'un clip de son dernier album Légende vivante. — Lorenzo
  • Le rappeur Lorenzo a découpé son dernier album en 68 titres pour faire grimper le nombre de lectures de ses chansons sur Spotify ou Deezer.
  • Derrière son personnage, l’Empereur du sale souhaite dénoncer les déboires de l’industrie musicale et notamment du rap.
  • Après avoir été brièvement retiré, l’album « Légende vivante » a finalement été rediffusé dans sa version classique de 16 titres.

Que l’on aime ou pas sa musique ou son personnage, on ne peut que s’incliner devant l’ingéniosité de Lorenzo. Du haut de ses 28 ans, le rappeur originaire de Rennes a mis un joyeux bordel dans l’industrie musicale pour la sortie de son album. Intitulé « Légende vivante », le disque était vendu en 100 versions différentes en CD. Mais il était aussi disponible à l’écoute dès vendredi matin sur les plateformes de streaming comme Spotify ou Deezer. Plutôt que de proposer ses 16 titres normalement, Lorenzo a eu l’idée de jouer avec les règles de lecture en découpant chacun de ses morceaux en piste de 31 secondes, soit 68 titres au total. Et un nombre de « streams » largement multiplié.

Le rappeur au bob Pokémon s’en est expliqué dans une vidéo diffusée sur ses réseaux sociaux. « J’ai cassé l’industrie musicale », a-t-il lancé dans son message. « Les plateformes de streaming, elles comptabilisent un stream à partir du moment où tu écoutes plus de 31 secondes d’un morceau. Moi, j’ai pris le soin de découper tous mes morceaux en plusieurs parties. Du coup, ça fait plus de streams, et donc plus de ventes. Et tout ça, en respectant les règles de la SNEP (Syndicat national de l’édition phonographique) ». La plaisanterie n’a visiblement pas fait rire les plateformes de streaming qui ont temporairement retiré l’album de leur catalogue, avant de le remettre dans sa version classique de 16 titres.

Dans une deuxième vidéo publiée samedi, l’ancien membre du collectif Columbine s’est félicité de son coup. « Je sais pas qui j’ai énervé, mais j’ai pas énervé les bonnes personnes. J’ai juste joué avec les règles. Vous devriez me remercier. Moi, j’ai juste trouvé la faille dans vot’ système, comme ça, vous allez pouvoir la corriger ». Ce n’est pas la première fois que le rappeur se paye l’industrie musicale. Dans le dernier titre de ce qui semble être son dernier album, l’Empereur du sale se moquait ouvertement de la « course au clic » dans laquelle s’engouffrent bon nombre d’artistes, notamment dans le rap. « Tout le monde veut devenir platine, ça veut plus rien dire le streaming », balance-t-il dans ultime morceau. Avant d’entamer une tournée en 2023, le rappeur a déjà fait savoir que ce quatrième album serait son dernier.

« De toute façon, je déteste cette industrie »

Derrière son personnage provoquant, pas évident de percer les raisons de ce départ à la retraite précoce. Mais on peut deviner ce qui a poussé le garçon à s’en détacher. « De toute façon, je déteste cette industrie, l’impression que personne me comprend », lance-t-il dans les dernières secondes de son disque, évoquant être « plus heureux avant », notamment quand il vivait avec ses potes de Columbine. « C’est clairement les meilleurs souvenir, jsuis vla fier d’avoir commencé avec eux. Ça reste tous des putain de pote que j’essaye de voir des que je peux et ils occupe tous une place énorme dans mon cœur tu le c », nous glissait l’artiste dans son écriture habituelle. Un dernier coup d’éclat.