Le 19e siècle, bonne recette pour les écrans

Charlotte Pudlowski

— 

Le téléfilm relate près de quatre-vingts ans de vie de l'écrivain, décédé en 1848.
Le téléfilm relate près de quatre-vingts ans de vie de l'écrivain, décédé en 1848. — P. GUIBERT / VISUAL PRESS AGE

France 2 diffuse ce soir la série Chateaubriand, avec Frédéric Diefenthal  dans le rôle de l’écrivain. La chaîne, qui avait déjà diffusé Au siècle de Maupassant, Contes et Nouvelles du XIXème, véritable succès, poursuit sur sa lancée des programmes sur le 19e siècle, et s’inscrit dans la lignée des films ou téléfilms sur Balzac, Dumas ou ses œuvres, celles de Victor Hugo…
 
Le 19e siècle est sans doute le siècle le plus accessible pour les téléspectateurs. Il permet au service public de produire des téléfilms culturels, instructifs, sans être ennuyeux. La plupart des téléspectateurs ont déjà entendu les noms de Maupassant, ou Chateaubriand à l’école. Beaucoup les ont déjà lus aussi, au moins certains extraits pour Maupassant (Boule de Suif ou Le Horla) et Chateaubriand est souvent évoqué lorsque l’on étudie Les Misérables ou Notre Dame de Paris, de Victor Hugo. Puisque le jeune Victor avait dit un jour «Je serai Chateaubriand ou rien».
 
Pas très polémiques

Le 19e siècle est une époque encore très proche de nous. C’est l’époque post-révolutionnaire (Chateaubriand a tout juste 21 ans lorsque survient la Révolution française), l’histoire moderne. Il ne s’agit plus de parures de cour, d’une monarchie démodée, mais des prémisses de notre société contemporaine. Le 20e siècle est trop récent pour être aussi romanesque (et le 19e siècle, avec la naissance du romantisme est le siècle romanesque par excellence). Le 18e est trop lointain. Les préoccupations de Voltaire et de Diderot sont d’un autre temps. Et ils passent par ailleurs (à tort sans doute) pour des auteurs bien moins faciles.
 
Par ailleurs, les auteurs choisis par France 2 ne sont pas très polémiques. Il ne s’agit pas de rejouer les amours sulfureuses de Rimbaud avec Verlaine, de montrer Baudelaire en train de se piquer dans sa mansarde. A la fois captivant, culturel, et politiquement correct. Sans compter, pour le cas de Chateaubriand, que les biopics font un tabac pour la chaîne qui a diffusé celui d’Albert Camus en janvier. Biopic et 19e siècle devraient servir Chateaubriand.