Prix Goncourt 2022 : Les jurés rendent leur verdict ce jeudi

LIVRE Qui de Brigitte Giraud, Cloé Korman, Giuliano da Empoli ou Makenzy Orcel va recevoir un chèque de 10 euros à la mi-journée ?

20 Minutes avec AFP
Des livres dans une librairie.
Des livres dans une librairie. — Damien Meyer / AFP

Un rituel immuable depuis plus d’un siècle est à l’agenda ce jeudi du monde littéraire : un déjeuner au restaurant Drouant à Paris, pour décider qui a écrit le meilleur roman français de l’année. Cette année, le prix Goncourt sera forcément celui du renouveau, en sacrant soit un ou une trentenaire, soit l’auteur d’un premier roman, soit une romancière qui restait peu connue du grand public.

Les dix jurés du prestigieux prix littéraires , sept hommes et trois femmes, vont rendre leur verdict à la mi-journée. La sélection a été resserrée à quatre auteurs : deux Françaises, Brigitte Giraud et Cloé Korman, un Italo-Suisse, Giuliano da Empoli, et un Haïtien, Makenzy Orcel.

Giuliano da Empoli, favori

Les pronostics sont difficiles. Giuliano da Empoli, 49 ans, qui a publié en avril Le Mage du Kremlin (Gallimard), à la faveur des journalistes littéraires interrogés par le magazine Livres Hebdo : ils sont huit sur douze à parier pour lui. L’histoire semblait écrite avant qu’il n’obtienne le Grand Prix du roman de l’Académie française : ce roman qui parle de la Russie des 30 dernières années allait être sacré. Mais réussir le doublé est rare.

Avant de remettre le Goncourt 2021, le président de l’Académie Goncourt Didier Decoin avait en outre rappelé : « Il ne faut pas oublier nos amis et alliés que sont les libraires. Si on donne deux prix à un seul livre, ça ne fait qu’un livre dans la vitrine ». Les prix littéraires sont en effet un enjeu économique crucial. Le Goncourt garantit des ventes en centaines de milliers. Le Mage du Kremlin, après des critiques très favorables et plus de six mois en librairie, est en train seulement d’atteindre la barre des 100.000 exemplaires. Et ses trois rivaux parus en août en sont loin.

Toujours d’après les journalistes littéraires, sa concurrente la plus sérieuse est Brigitte Giraud, 56 ans. Vivre vite (Flammarion), qui revient sur l’engrenage d’événements improbables ayant mené à la mort de son mari dans un accident de moto en 1999, a beaucoup touché certains jurés.

Le Renaudot dans la foulée

Cloé Korman et Makenzy Orcel, s’ils ne partent pas favoris, pourraient cependant mettre tout le monde d’accord. La première, à 38 ans, signe une enquête sur des enfants victimes de la Shoah, Les presque sœurs (Seuil). Enfin, pour la deuxième année consécutive, un Haïtien s’est hissé en finale. Après Louis-Philippe Dalembert en 2021, c’est cette fois-ci Makenzy Orcel, 39 ans. Une somme humaine (Rivages) est un monologue venu d’outre-tombe, d’une jeune femme française, qui confirme le talent d’un écrivain prolifique mais méconnu jusqu’ici.

La récompense s’accompagne d’un chèque de dix euros, que les bénéficiaires préfèrent encadrer plutôt que déposer à la banque. Comme le veut la tradition, le prix Renaudot est remis juste après le Goncourt, dans le même restaurant du quartier de l’Opéra. Il compte six finalistes pour le roman : Sandrine Collette, Nathan Devers, Sibylle Grimbert, Claudie Hunzinger, Simon Liberati et Christophe Ono-dit-Biot.