Bordeaux : Les étranges « Strandbeests » de Theo Jansen s'exposent dans les jardins de la mairie

SCULPTURE C’est la première fois que l’artiste néerlandais fait l’objet d’une grande exposition en France

Mickaël Bosredon
— 
Le sculpteur néerlandais Theo Jansen, avec l'une de ses "Strandbeests", sur le miroir d'eau à Bordeaux
Le sculpteur néerlandais Theo Jansen, avec l'une de ses "Strandbeests", sur le miroir d'eau à Bordeaux — Mickaël Bosredon
  • L’artiste néerlandais a fait évoluer vendredi l’une de ses créatures avançant grâce à la force du vent, sur le miroir d’eau de Bordeaux.
  • La ville accueille à partir de samedi, la première grande exposition en France consacrée à ce créateur de 74 ans.
  • Le « sculpteur du vent » puise ses inspirations dans divers domaines, qui vont de l’aéronautique à la robotique, en passant par les mathématiques.

Un petit moment de grâce et de poésie. L’artiste néerlandais Theo Jansen a fait avancer vendredi l’une de ses fameuses « Strandbeests » sur le miroir d’eau de Bordeaux. Et même face aux caprices de sa créature, la star de l'édition 2022 du Festival international des arts de Bordeaux (FAB), ne s’est jamais démontée, gardant toujours le sourire.

Les vidéos de ses « bêtes de plage » se déplaçant uniquement grâce à la force du vent, en bord de mer à La Haye (Pays-Bas), ont fait le tour du monde. Question vent ce jour-là, le bord de Garonne n'offrait pas le même souffle que l'on peut trouver d'ordinaire sur la côte de la mer du Nord, et Theo Jansen a passé le plus clair de son temps à tirer lui-même la bête aux quatre coins du monument bordelais. Qu'importe, dans les instants où la créature s'est décidée à se mouvoir d’elle-même, se reflétant dans le miroir d’eau avec la place de la Bourse en toile de fond, le spectacle était simplement magique.



L’artiste néerlandais de 74 ans, qui limite désormais ses déplacements pour des raisons environnementales, a fait exceptionnellement le déplacement jusqu’à Bordeaux ce week-end, pour inaugurer la première grande exposition qui lui est consacrée en France. Elle s’ouvre samedi, dans les jardins de l’hôtel de ville et au musée des Beaux Arts, dans le cadre du FAB.

Un artiste « à cheval sur son empreinte carbone »

« C’est la première fois qu’il fait une exposition de cette envergure dans notre pays, et je suis très heureux que Bordeaux l’accueille, assure le maire de Bordeaux Pierre Hurmic, venu assister à la démonstration sur le miroir d’eau. Ce qu’il fait est très innovant, et je suis persuadé que les Bordelais vont apprécier ce spectacle. En plus, l’artiste est passionnant, et je suis d’autant plus honoré de l’accueillir à Bordeaux qu’il est assez avare en déplacements, car il est très à cheval sur son empreinte carbone. »


L'oeuvre de Theo Jansen sur le miroir d'eau à Bordeaux
L'oeuvre de Theo Jansen sur le miroir d'eau à Bordeaux - UGO AMEZ

Theo Jansen, que l’on surnomme le « sculpteur du vent », est un ancien ingénieur, qui puise ses inspirations artistiques dans divers domaines, qui vont de l’aéronautique à la robotique, en passant par les mathématiques. Une œuvre tellement interdisciplinaire, et transfrontalière, qu'elle a même eu les honneurs d’un épisode des Simpsons !


Exposition "Strandbeests, The New Generation" de Theo Jansen dans les jardins de l'hôtel de ville de Bordeaux, jusqu'au 1er janvier 2023
Exposition "Strandbeests, The New Generation" de Theo Jansen dans les jardins de l'hôtel de ville de Bordeaux, jusqu'au 1er janvier 2023 - Mickaël Bosredon

Conçues pour alerter sur le réchauffement climatique, ses « Strandbeests », squelettes fabriqués à partir de tubes en plastique, et dont les mouvements reproduisent les pas d'animaux, ont été réalisées en plus de quarante exemplaires, en vingt-cinq ans, et se divisent en plusieurs grandes familles. Des créatures qui évoluent au fil du temps, selon les dires de l'artiste lui-même. « J'espère qu'à la fin de ma vie, glisse-t-il, ces bêtes pourront vivre par elles-mêmes sur les plages où elles sont nées... »  

Exposition « Strandbeests, The new generation », jusqu’au 1er janvier 2023.