Dans une église, « il faut bien choisir son répertoire », estime Laurent Voulzy mobilisé pour en sauver une en Gironde

PATRIMOINE Le chanteur se produira le 13 octobre dans l’église de La Réole en Gironde, en faveur de l’association de sauvegarde de l’église Notre-Dame-de-Lorette, un édifice du XIIIe qui nécessite une importante rénovation

Mickaël Bosredon
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Le chanteur Laurent Voulzy en concert dans l'Eglise Collegiale de Poissy.
Le chanteur Laurent Voulzy en concert dans l'Eglise Collegiale de Poissy. — SADAKA
  • Le sanctuaire de Notre-Dame-de-Lorette, situé dans l’Entre-deux-mers en Gironde, nécessite d’importants travaux de rénovation.
  • Passionné par les églises et les cathédrales, le chanteur Laurent Voulzy donnera un concert dans l’église voisine de La Réole, le 13 octobre, afin de récolter des fonds pour l’édifice religieux.
  • Laurent Voulzy raconte à 20 Minutes sa passion pour les édifices religieux, et explique pourquoi il aime se produire dans les églises.

Il s’est déjà produit dans l’abbaye du Mont-Saint-Michel, à la basilique de Saint-Denis, à l’église Saint-Sulpice à Paris. Il a donné un concert pour la cathédrale Notre-Dame-de Paris. Laurent Voulzy et les églises, c’est une histoire d’amour qui dure depuis des années, avec déjà plus de 200 concerts à son actif dans des édifices religieux.

Sur invitation de l’association de sauvegarde du sanctuaire Notre-Dame-de-Lorette, située à Lorette dans la commune de Saint-Michel de Lapujade dans le sud Gironde, le chanteur donnera un concert le 13 octobre prochain, à l’église voisine Saint-Pierre de La Réole. L’objectif est de récolter des fonds, et surtout d’attirer la lumière sur cette petite église de Lorette, un ouvrage remarquable remontant au XIIIe siècle, surplombée d’une seconde datant du XIXe. « Les fondations s’enfoncent ce qui provoque sur l’ensemble de l’église des fissures au niveau des ogives, explique Christian Boissonneau, un des représentants de l’association. Par ailleurs, les sources d’eau alentour provoquent une importante humidité intérieure. Tout cela génère de gros travaux de consolidation, qui se chiffrent à environ deux millions d’euros. »


L'église Notre Dame de Lorette en Gironde
L'église Notre Dame de Lorette en Gironde - Lewis Brillet

L’association qui s’est constituée au mois de février dernier, a pour objectif de trouver des financements. « Nous sommes lauréats cette année de la mission Stéphane Bern pour le patrimoine, mais nous ne connaîtrons notre financement qu’à la fin de l’année. En attendant, Laurent Voulzy, qui a adhéré à notre association, a accepté d’organiser un concert en faveur du sanctuaire. » Le chanteur explique pour 20 Minutes, son engagement.

Cela fait maintenant plusieurs années que vous chantez dans les cathédrales et les églises, d’où vous est venue cette envie ?

Je suis passionné d’histoire, notamment du Moyen-Age, je m’intéresse beaucoup aux cathédrales, et je suis aussi en quête de spiritualité. Après mon album Lys and Love (2013) j’ai fait une tournée qui m’a notamment emmené dans trois endroits qui m’ont beaucoup marqué : la basilique Saint-Denis, l’église Saint-Eustache à Paris, et une église près de Westminster à Londres. C’est pourquoi quand on m’a proposé, il y a quatre ans, de faire une tournée dans les cathédrales, j’ai dit oui tout de suite.

Et aujourd’hui, vous vous engagez pour sauvegarder le patrimoine religieux.

C’est un patrimoine qui me tient à cœur, j’ai fait plus de 220 concerts dans les cathédrales et les églises. Dans le cas de Notre-Dame-de-Lorette, c’est un peu un hasard, puisque c’est venu d’un ami, membre de l’association de sauvegarde de Lorette, qui m’a alerté sur la situation de ce sanctuaire, et qui m’a demandé si je pouvais venir chanter à La Réole. Là encore, j’ai dit oui tout de suite.

Vous passez d’immenses cathédrales à des églises plus modestes, qu’est-ce que cela change au niveau des concerts ?

Chaque lieu a sa propre acoustique. Certains résonnent plus que d’autres, en général dans les cathédrales, il y a de grandes résonances, moins dans les églises plus petites. Ce ne sont pas des lieux qui ont été conçus pour la musique rythmique, plutôt pour des chants, il faut donc veiller à ce que nos arrangements ne soient pas une bouillie pour les gens. Enfin, il faut un très bon insonorisateur, pour que les gens qui soient au fond entendent la même chose que ceux qui sont devant. La constante de ces endroits, grands ou petits, est que ce sont des lieux chargés, qui servent à la spiritualité. Depuis des siècles les gens viennent y chercher des réponses, du réconfort, à l’occasion d’événements joyeux comme de moments plus douloureux. C’est pourquoi il faut bien choisir son répertoire, et j’ai des chansons qui trouvent toute leur dimension dans ces endroits-là. Dans les albums Caché derrière (1992) ou Lys and Love, des chansons comme Jesus ou Jeanne, ont ce caractère spirituel. Il faut chanter des choses qui entrent en harmonie avec le lieu, sinon ça n’a aucun intérêt.

On ne peut pas chanter n’importe quoi dans ces endroits ?

Il y a des lieux neutres, comme un Zenith, où on peut y jouer du Philharmonique, une messe, du hard-rock ou du Souchon… Mais vous n’iriez pas faire, a priori, une rave sur un lieu où ont été perpétrés des massacres. Dans les églises, il y a les statues, le sol, les dalles sous lesquelles il y a des tombes qui sont là depuis des siècles… Et naturellement, il y a des morceaux que je n’ai pas envie de jouer. Je ne dirais pas que jouer Rockollection dans une église serait un sacrilège, mais quand je chante Jeanne il se passe quelque chose. Il faut donc faire un choix de chansons qui entrent en harmonie avec le lieu, parce qu’il est chargé depuis des siècles.



Vous dites être attiré par la spiritualité, allez-vous dans les églises ?

Je ne vais pas à la messe, mais j’aime aller dans les églises quand il n’y a personne. Depuis que je suis enfant, je suis attiré par l’invisible. Au début, c’était l’astrologie, les cartes, et petit à petit c’est devenu une quête plus spirituelle, j’ai lu énormément de textes sur diverses religions, et je suis un peu plus attiré par la religion chrétienne. L’art chrétien me touche plus, m’emporte plus. Ce sont des endroits qui sont faits pour nous propulser, qui nous aident à nous élever.

Concert à l’église Saint-Pierre de La Réole, le jeudi 13 octobre à 20 heures.