Portico, la transe à bon port

Benjamin Chapon

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La sortie du deuxième album du Portico Quartet, Isla, porte en elle au moins deux bonnes nouvelles. Le symbole d'une renaissance du jazz britannique et la démonstration que le genre se prête encore à l'innovation sans paumer complètement les auditeurs.
Le groupe nous emmène dans de savants enchevêtrements rythmiques, proches de la transe, où batifole le saxophone de Jack Wyllie. La musique ambiante – parfois minimaliste mais jamais ennuyeuse – du Portico Quartet avait déjà tapé dans l'oreille de quelques spécialistes en 2007, avec leur premier album, Knee-Deep in the North Sea. Sur Isla, le quartet se renouvelle avec de légers emprunts aux musiques africaines, mais garde sa marque de fabrique : l'usage du hang, instrument percussif inventé en 2000 aux sons discrètement hypnotiques.