Festival Col-Coa: Malgré le volcan, Hollywood fête le cinéma français

REPORTAGE Le festival Col-Coa s'est ouvert lundi avec la projection de «L'Arnacoeur». Bloqué en France, son réalisateur Pascal Chaumeil s'est joint à l'assemblée par Skype...

Philippe Berry
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Vanessa Paradis et Romain Duris dans «L'Arnacoeur» de Pascal Chaumeil
Vanessa Paradis et Romain Duris dans «L'Arnacoeur» de Pascal Chaumeil — Universal Pictures International France

De notre correspondant à Los Angeles

Une histoire d'amour qui dure. Des frères Lumière à la Nouvelle Vague, Hollywood doit beaucoup au cinéma français. Comme chaque année depuis 14 ans, le festival Col-Coa (City of light, City of angels) rend hommage au 7e art hexagonal, du 19 au 25 avril. Et ce ne sont pas les cendres volcaniques qui vont gâcher la fête.

«J'aurais aimé être avec vous», lance Pascal Chaumeil alors que la salle applaudit longuement L'Arnacoeur, pour sa première américaine. Malheureusement, Eyjafjallajokull –«bientôt sur les écrans, par Roland Emmerich», plaisante le consul général de France à Los Angeles David Martinon– en a décidé autrement. Mais grâce à la magie de Skype, le visage de Pascal Chaumeil est projeté en direct sur l'écran géant de la salle François Truffaut, au siège de la Guilde des réalisateurs, sur Sunset Blvd.

Une comédie romantique transatlantique

La French comedy est un genre plutôt compliqué à exporter. Un film comme Bienvenue chez les Ch'tis a par exemple réalisé la quasi totalité de ses 180 millions de recettes dans l'Hexagone et les pays francophones. Pourtant, alors que Romain Duris donne tout pour briser le couple de Vanessa Paradis, les rires fusent dans une salle à bonne moitié américaine.

Comment Pascal Chaumeil, qui a fait ses classes comme assistant de Luc Besson puis à la télévision et dans la pub, a-t-il trouvé ce ton universel pour son premier long métrage? Le mérite revient d'abord aux scénaristes. Le père du script, Laurent Zeitoun, a en effet intégré à l'équipe un américain francophile, Jeremy Donner. «On a vraiment voulu prendre le meilleur des comédies françaises et de la comédie romantique américaine», explique ce dernier.

Le cadre (Monaco) et les références internationales (George Michael, Dirty Dancing) fonctionnent parfaitement pour une audience américaine. «Au début, le personnage de Vanessa Paradis devait être fan de films d'horreurs. Cela ne marchait pas vraiment. Et puis on a eu l'idée, assez tard, de Dirty Dancing», raconte Pascal Chaumeil. Résultat? Une scène de répétition entre Duris et son beau-frère qui fait mouche, avant le grand final avec Paradis.

Sous-titres ou remake?

Aux Etats-Unis, le cinéma français passe souvent auprès du grand public pour un art intello fait de trentenaires névrosés qui parlent de leurs problèmes pendant 2 heures. «L'Arnacoeur, j'emmènerais ma mère ou des amis le voir», confie après la projection Marianne Maddalena, une productrice américaine très francophile, qui a notamment travaillé sur le remake de La Colline a des yeux d'Alexandre Aja.

Malgré tout, un film avec des acteurs français et des sous-titres ne peut que difficilement marcher aux Etats-Unis (à quelques exceptions près comme Amélie Poulain, Le Pacte des loups ou La môme), selon elle. Un remake américain? Pascal Chaumeil ne dit pas non, mais il ne souhaite pas le réaliser. «En général, on ne trouve l'alchimie qu'une fois», répond-il à 20minutes.fr. Qui au casting? Marianne Maddalena verrait bien Anne Hathaway et Bradley Cooper.

A quels films français sortis cette année prédisez-vous un succès à l'étranger, alors que l'année 2009 fut plutôt mauvaise à l'export? Dites-le nous dans les commentaires ci-dessous.