Le monde arabe est entré dans La bataille des séries télé

J. M.

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Le héros de la série turque « Nour ».
Le héros de la série turque « Nour ». — A. AL HAFIZ HASHLAMOU / EPA / SIPA

La lutte d'influence culturelle se joue aussi sur le terrain de la télé. Face aux séries américaines, les telenovelas brésiliennes arrivent à percer dans les pays hispaniques, mais aussi en Roumanie, ou au Moyen-Orient. Dans le monde arabe, elle sont toutefois concurrencées par les productions locales. Ainsi depuis 2005, le feuilleton turc à l'eau de rose « Gümüs » s'est largement exporté adoptant au passage le nom de « Nour ». « Mouhannad, le beau héros aux yeux bleus, a fait rêver les filles. Il se vendait des tee-shirts à son effigie, analyse Selami Varlik, journaliste au quotidien turc Zaman France. “Nour” a aussi plu dans le monde arabo-musulman parce que ce héros citadin et moderne est en même temps respectueux de la coutume, de son grand-père qui le fait renoncer à sa vie de bohème. »
Sans prince charmant, mais plus moraux les « feuilletons du ramadan », séries diffusés durant la période religieuse, ont aussi leur public. « Leur influence est gigantesque, note Frédéric Martel. Elles touchent le monde arabe – 350 millions de personnes –, mais aussi le monde musulman, soit 1,5 milliard de personnes. »