Stéphane Buriez: «Christine Boutin a fait de l'ingérence»

MUSIQUE Le leader de Loudblast, groupe de métal français, réagit aux attaques proférées par Christine Boutin et Philippe de Villiers contre le festival Hellfest...

Propos recueillis par Laure Beaudonnet

— 

Le groupe de Heavy métal, Loudblast, prévu au Hellfest le 18 juin 2010.
Le groupe de Heavy métal, Loudblast, prévu au Hellfest le 18 juin 2010. — no credit

Le festival de métal Hellfest a fait l’objet d’attaques violentes de la part de Christine Boutin, qui y voit une manifestation «qui promeut et véhicule la culture de mort», et de Philippe de Villiers. A l’Assemblée Nationale, ce mardi, le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand a été contraint de le défendre. Stéphane Buriez, leader du groupe Loudblast, qui se produit au Hellfest le 18 juin, a répondu à 20minutes.fr.

Comment réagissez-vous devant ces attaques?
J’ai suivi le débat de loin car j’étais en répétition. En France, je crois que c’est une première d'entendre de telles aberrations. Le pire c’est que Christine Boutin a essayé de faire de l’ingérence dans le Festival. Aux Etats-Unis, encore, on est habitué à subir des attaques. C’est monnaie courante de la part des mouvements religieux extrémistes. Mais, je suis atterré qu’on puisse encore tenir ce genre de propos. Surtout que c’est un mouvement très positif, où les gens vont à la rencontre des autres. C’est tout le contraire de ce qui est décrit.


Etes-vous souvent victime de tels propos?

La violence fait partie des codes du métal. Mais je n’ai jamais été confronté à ce type de comportement en France. En Allemagne, l’un de nos albums avait été censuré parce que la pochette était trop orientée «sexe». C’est clair que le métal n’a pas une bonne réputation aux yeux de la majorité des gens. Mais à ce point...


«Ce festival promeut et véhicule la culture de mort», que répondez-vous?
On ne peut pas nier que l’image même du métal tourne autour du morbide, mais il ne véhicule pas la culture de la mort. Bien au contraire. Le Hellfest, c'est joyeux, les gens se mêlent, s’amusent. Je trouve affligeant que de tels propos soient tenus dans un pays démocratique.
Philippe de Villiers n’a jamais brillé par son ouverture d’esprit. Il a souvent prouvé par le passé qu’il était très étroit. A la limite qu’il n’aime pas notre musique, c’est une raison de plus de continuer.