Pourquoi le Heavy Metal fait peur aux conservateurs

Charles Dufresne

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"Abbath" chanteur et guitariste du groupe de Black-Metal norvegien 'Immortal' au Wacken Open Air Festival en Allemagne, le 04 aout 2007.
"Abbath" chanteur et guitariste du groupe de Black-Metal norvegien 'Immortal' au Wacken Open Air Festival en Allemagne, le 04 aout 2007. — Sebastian Widmann/SIPA

Les fans de heavy metal passent-ils leur temps dans des cryptes la nuit tombée en vue de sacrifier une vierge sous les ordres de Belzebuth? 20minutes.fr a enfilé sa plus belle veste à patchs afin d’égrener les clichés propre à une musique où le folkore, les cheveux longs et les grosses guitares copulent joyeusement.

Le metal est sataniste
Voilà l’accusation principale. Alors que le pacte faustien est scellé depuis les années 30 par le bluesman Robert Johnson. L’outrance et le décorum font partie du jeu: les pentagrammes en carton-pâte c’est Spinal Tap, son Stonehenge et ses nains gambadant autour. Tout autant que le mur d’amplis Marshall, les croix à l’envers de Slayer et sa pluie d’hémoglobine à base de sirop de glucose. Irrésistible lorsque survient «Raining blood», index et auriculaire tendus en l’air.



C’est «Stairway to heaven» jouée à l’envers qui a inauguré la chasse aux sorcières. On se souvient de Muffin Man, un adolescent qui a défrayé la chronique dans les années 80, après une tentative de suicide commise sous l’emprise de Judas Priest.

Pas de Rob Halford en jock strap au Hellfest cette année, mais Kiss et ses deux «S» polémiques au moins autant que le spandex que les sexagénaires porteront à Clisson. Alors que les Enfoirés massacrent une reprise «I Was Made for loving you» c’est «God Of thunder» qui effraie le chaland.

Le métal incite à la haine et la violence


Est-ce est au mosh pit célébré comme il se doit par Anthrax que l’on pense? L’ensemble de la foule communie dans la boue et l’allégresse. Gogol 1er écrasait des poussins, Costes s’amusait avec sa matière fécale. Ce n’est pas du métal certes, alors Ozzy, le papy métallique nous rappelle comment décapiter une chauve souris, de même que la bio de Mötley Crue cite cet épisode de rails de fourmis sniffés a même Sunset boulevard.

Le métal est profondément vicié. D’ailleurs c’est bien au légendaire sexagénaire Lemmy de Motörhead  que l’on a conseillé: «Ne donnez pas votre sang! Il est tellement toxique que vous tueriez quelqu'un!» Et si la musique choque les enfants, Dee Snyder hurleur en chef du groupe Twisted Sister assène que si «c’est trop fort c’est que tu es trop vieux...»


Des musiciens sous substances

Alcooliques avec Tankard et sa «bière cosmique», les sidérurgistes allemands proposent depuis 25 ans une Oktober fest permanente en plein cagnard, et on repense à la lettre envoyée par Christine Boutin à Kronenbourg. Si la musique est si lourde, sourde et excitée, c’est évidemment que ses amateurs doivent être sous substance, drogués donc! C’est Kyuss du stoner rock qui trace la route en pick up  avec lui son rock désertique halluciné plus proche du blues des années 70.



Le sexe omniprésent


Les moeurs légères des groupes renvoient évidemment à la sainte trilogie «sex drugs et rock n’ roll», chanté par Ian Dury ou narrée par la groupie en chef Pamela Des Barres. Le manche de guitare et sa portée phallique, Anvil qui joue ses solos avec un godemichet, les poses de Slash le manche de 22 cases tendu vers le ciel. De l’innocence pré-pubère planquée derrière du mauvais goût finalement plus proche de Mötley Crue, ses groupies et son clip Girls girls girls.

Evidemment une moralité douteuse mais qui répond à la question «Que faire dans un bus de tournée?» «We are the road crew!», chante Motörhead. Vous êtes prévenus, enfermez femmes et enfants à Clisson.

Vous tremblez? Tous les clichés n’ont pu être passés en revue. Donnez-nous les vôtres dans commentaires.