Après Louise, Gaëtan Roussel présente Ginger

Benjamin Chapon

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Gaëtan Roussel défendra son nouvel album Ginger sur scène en avril et en mai.
Gaëtan Roussel défendra son nouvel album Ginger sur scène en avril et en mai. — S. CAMPARDO / EPA / SIPA

Le moins connu des chanteurs français célèbres a enfin décidé de s'afficher. Leader de Louise Attaque, et des plus obscurs Tarmac, Gaëtan Roussel vient de sortir Ginger, premier album signé sous son nom. L'homme s'était aussi fait remarquer ces dernières années au côté d'Alain Bashung. Compositeur d'une bonne partie de l'ultime dis­­que du chanteur alsacien, Bleu pétrole, Gaëtan Roussel était donc attendu sur un terrain qu'il a maintes fois labouré de ses mots tranchants : la chanson française.

Producteurs électro et ESG au micro
Résultat, l'homme prend tout le monde à revers. Au programme de Ginger : du rock indé, de la pop électrifiée, des refrains disco en anglais… « J'ai privilégié le groove à la mélodie, raconte Gaëtan Roussel. Je voulais me détacher des mots et triturer les sons. » Pour ce faire, le chanteur a fait appel à une tripotée de producteurs électro. « Je n'ai jamais travaillé avec autant de personnes que sur cet album soi-disant solo. » Si on reconnaît bien le grain de voix popularisé par les tubes de Louise Attaque, l'album pioche ses références aussi bien chez Gorillaz que les Pixies.
« Les références, je les ai avec moi depuis un moment, note le chanteur. Ce disque n'est pas une humeur, ça ne m'est pas tombé dessus du jour au lendemain. » Gaëtan Roussel réalise même un vieux rêve en invitant Renee Scroggins, du légendaire trio cold wave ESG. Sa voix nous transporte dans le bouil­lonnement hip-hop du New York des années 1980. Et si Gaëtan Roussel y semble à son aise, l'exercice, en 2010, peut paraître un peu vain. Mais jusque dans ses maladresses, Ginger démontre que l'audace et la pêche ne sont pas interdits aux chanteurs français.