A la recherche du vrai Takeshi Kitano

CULTURE Un film, un livre et deux expositions afin de mieux cerner l'insaisissable artiste japonais...

Caroline Vié

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Takeshi Kitano, réalisateur-acteur d'«Achille et la tortue, où il interprète un peintre.
Takeshi Kitano, réalisateur-acteur d'«Achille et la tortue, où il interprète un peintre. — DR

Une exposition d’oeuvres d’art à la fondation Cartier à Paris, une rétrospective de ses films et de ses émissions de télé au Centre Pompidou, une autobiographie éditée chez Grasset*. On en oublierait presque que Takeshi Kitano sort aussi un film, Achille et la tortue. Mais qui peut prétendre cerner ce créateur insatiable, qui, à 63 ans, jongle avec toutes les formes d’art en refusant d’en choisir une seule. Même une rambarde d’autoroute, prise de plein fouet en scooter un soir de 1994, n’a pu l’arrêter.

Dans les rues en couches-culottes

En France, on admire ses films, de Kids Return à Hana-Bi, son chef-d’oeuvre. Au Japon, c’est son humour qui lui vaut la gloire de ses compatriotes. Les émissions de télévision de Beat Takeshi, son pseudonyme au petit écran, feraient passer Patrick Sébastien pour un prince de la pensée.

Chroniqueur sportif, propriétaire d’une équipe de base-ball, mauvais chanteur, peintre, écrivain, analyste politique, Kitano n’a connu qu’un seul succès  au box-office nippon, son film de sabre Zatoichi, et peine à faire prendre sa carrière de cinéaste au sérieux.

Promenant son visage malmené, agité de tics depuis son accident, il milite pour se faire désigner « trésor national », ce qui ne l’empêche pas d’arpenter les rues de Tokyo en couches-culottes. Et même si ses derniers films en forme de quête introspective déboussolent un peu ses fans, cet artiste continue de séduire par son humour en forme de politesse du désespoir et son amour de l’absurde. W

*«Beat Takeshi Kitano, gosse de peintre», du 11 mars au 12 septembre à la fondation Cartier (Paris 14e), «Takeshi Kitano l’iconoclaste, le cinéaste et l’acteur pour le grand et le petit écran», du 11 mars au 21 juin au Centre Pompidou, et Kitano par Kitano (éd. Grasset).