Les jeux vidéos violents de nouveau épinglés

CULTURE Une étude américaine réaffirme qu’ils doperaient les comportements agressifs...

S. C.

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Une loi californienne interdisant la vente ou la location de jeux vidéo violents aux mineurs est anticonstitutionnelle, a décidé vendredi une cour d'appel fédérale au nom de la liberté d'expression.
Une loi californienne interdisant la vente ou la location de jeux vidéo violents aux mineurs est anticonstitutionnelle, a décidé vendredi une cour d'appel fédérale au nom de la liberté d'expression. — Spencer Platt AFP/Getty Images/Archives

Se plonger dans la peau d’un tueur ou d’un soldat au cours d’un jeu vidéo ne serait pas sans conséquence sur notre comportement. Une nouvelle étude américaine réaffirme que les jeux vidéos violents doperaient l’agressivité.

Fusillade

L’étude, publiée ce lundi, a analysé plus de 130.000 joueurs, scolarisés en primaire et au collège aux Etats-Unis, en Europe et au Japon. Son résultat est sans appel: non seulement les jeux vidéos violents augmenteraient les «pensées et les comportements agressifs» (ce qui peut donner ça) mais ils diminueraient également l’empathie, cette capacité qui permet de se mettre à la place d’un autre et de partager ce qu’il ressent, et engendrerait un manque de sociabilité. Et ce quels que soit l’origine ou le genre des joueurs observés (vivant aux Etats-Unis, en Europe ou au Japon; garçon ou fille).

Pas de quoi craindre une fusillade à chaque coin d’école tout de même, tempère tout de même Craig Anderson, qui a dirigé l’étude. «Si vous avez un enfant sans autre facteur de risque d’agressivité ou de violence, le laisser jouer à ces jeux vidéos durant 5 à 10 heures par semaine ne le transformera pas en sniper», explique le chercheur. Mais selon lui, le jeu vidéo reste un facteur de violence.

Polémique

Heureusement, ajoute-t-il, c’est un facteur sur lequel les parents peuvent agir. Et pour être sûr que le message passe, le chercheur insiste: «Tout jeu qui suppose de tuer ou de nuire à un autre personnage n’est de toute façon pas un enseignement approprié, qu’importe celui qui y joue.» Une façon à peine discrète d’inciter à verrouiller ces jeux.

Aux Etats-Unis, la polémique est déjà lancée. Farouche adversaire de Craig Anderson, le chercheur Christopher Ferguson conteste ces résultats. Selon lui, alors que les jeux vidéos violents sont de plus en plus populaires, les pays qui comptent le plus de joueurs voient leur criminalité baisser.