La preuve par neuf... dont un doublé inédit

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Neuf césars pour Un prophète,

c'est ce qu'on peut appeler une razzia. Après avoir obtenu des statuettes pour sa réalisation, son scénario, sa photographie, ses décors et son montage, il était logique que l'oeuvre de Jacques Audiard soit élue meilleur film de 2009. La surprise n'est pas venue du meilleur second rôle pour Niels Arestrup, épatant en parrain corse, mais de Tahar Rahim, grand acteur au regard d'enfant qui joue une petite frappe apprenant la vie derrière les barreaux. L'espoir masculin semblait gagné d'avance, mais personne ne s'attendait à le voir coiffer au poteau Vincent Lindon, Yvan Attal et François Cluzet dès son premier grand rôle. C'est la première fois dans l'histoire des Césars que quelqu'un est sacré à la fois « espoir » et « meilleur acteur ». Tahar Rahim pourrait bien être les deux à la fois. Son humour tendre, comme en témoigne le « Beur qui fond » de ses remerciements, est terriblement attachant. W

C. V.