Jacques Audiard: «Le césar du scénario m'a fait le plus plaisir»

INTERVIEW Le réalisateur Jacques Audiard a fait le plein de statuettes, samedi soir, pour son film «Un prophète»...

Recueilli par Caroline Vié

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Le réalisateur Jacques Audiard et l'acteur Tahar Rahim, samedi soir à Paris.
Le réalisateur Jacques Audiard et l'acteur Tahar Rahim, samedi soir à Paris. — LYDIE / NIVIERE / SIPA

Y a-t-il un césar qui vous a fait plus plaisir que les autres?

Celui du scénario. Peut-être parce que historiquement, c'est de là que je viens [il est le fils du scénariste Michel Audiard]. Je sais donc ce que cela implique comme travail, alors que celui de réalisateur me semble plus difficile à évaluer.

Aviez-vous prévu de parler du Collectif des cinéastes pour les sans-papiers?

Je tenais à mentionner le sujet, mais j'ai été pris par surprise lors du premier césar pour le scénario. Je n'avais pas regardé l'ordre de passage ; je me suis donc retrouvé sur scène sans avoir eu le temps d'en parler. Les fois suivantes, j'ai eu peur d'en faire un peu trop, que les gens se disent que j'étais neuneu ou que j'avais bu un coup de trop !

Etes-vous fier des deux césars pour Tahar Rahim, l'acteur du film?

Je suis ébloui par Tahar et bouleversé par ses récompenses. Cela dit, je suis triste pour les autres acteurs qui n'ont pas été récompensés. Reconnaître Tahar comme une promesse. C'est formidable, c'est exactement ce qu'il est. Entendre qu'il est l'égal de Vincent Lindon et de François Cluzet me gêne un peu, bien que je sois ravi pour lui.

Bientôt un oscar?

Je n'ai aucune chance. Les vendeurs étrangers de mon film m'ont dit qu'Un Prophète n'entrait pas dans le « système » américain : le film est trop violent. Il paraît qu'Haneke et Le Ruban blanc ne sont pas favoris non plus. L'avantage serait pour le film argentin Dans ses yeux. J'irai là-bas avec un grand plaisir, même si je rentre bredouille : il faudrait être un sacré mauvais coucheur pour refuser une invitation pareille.

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