« En 2011, je jouerai les élèves indisciplinés »

Olivier Mimran

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Même si son nom avait été évoqué ces dernières années, Baru n'en revient pas : « C'est un immense honneur et un grand plaisir d'être consacré par ses pairs. Mais la vraie consécration, c'est d'avoir des lecteurs, ce qui est heureusement mon cas. » L'auteur de la série « Quéquette Blues » (éd. Dargaud) et du cultissime L'autoroute du soleil (éd. Casterman) peut en effet s'enorgueillir de jolis succès, pourtant loin d'être acquis : ses thèmes de prédilection n'étant pas franchement glamour et paillettes. Issu du bassin minier de Lorraine, Baru - Hervé Baruléa - puise son inspiration dans le tissu social français, d'où son surnom de « Ken Loach de la BD ».

« Il existe une parenté entre ses films, ou ceux des frères Dardenne, et mes livres ; on a en commun un grand souci de témoigner de la manière dont marche le monde », souligne-t-il avant de préciser : « J'ai commencé à faire de la BD pour mettre en avant le monde ouvrier, lui donner enfin le beau rôle. » Fort d'une oeuvre atypique car détournée des courants de la BD francophone, Baru verra ses graphismes accidentés et sombres succéder à ceux, plus élégants, de Blutch. Car obtenir un grand prix signifie qu'on présidera la prochaine édition du festival : « L'idée est un peu effrayante, je me sens plein de responsabilités. Mais je suis conseillé par des amis déjà sacrés, donc je jouerai les élèves disciplinés. » Il conclut : « J'inviterai des auteurs comme Gipi et Etienne Davodeau, dont les thématiques me parlent. Mon prédecesseur avait annoncé une présidence Brésil et samba, la mienne sera Liverpool et rock'n'roll ! » W

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