Midlake en flagrant délit de beauté

Benjamin Chapon

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Somptueux, sombre et intimidant comme une cathédrale. The Courage of Others, nouvel album de Midlake, s'écoute yeux fermés et bras écartés, pour recevoir toute la beauté que le quintet texan insuffle à ses mélodies folk.

Les timides Tim Smith et Eric Pulido s'excuseraient presque devant autant de splendeur : « Nous sommes cons­cients d'avoir pris un virage vers une musique plus sombre et plus douce. Je ne sais pas pourquoi, nous ne sommes jamais satisfaits très longtemps de la musique que nous faisons. »

Si les guitares sont très présentes sur l'album, on distingue aussi de la harpe, des violons et une flûte séraphique. « On en avait marre de trimballer des synthés en tournée... On en a une vraie maintenant. » La réussite du disque fera peut-être oublier les quatre interminables années nécessaires à sa fabrication. « En tournée, pendant un an et demi, j'ai écrit de nouvelles chansons, raconte Tim Smith. On a mis un temps fou à l'admettre, mais elles n'étaient pas conciliables avec le son qu'on voulait donner à l'album. Il a fallu tout recommencer depuis le début. » Pour le prochain, Midlake espère « sincèrement » être plus prompt : « Pour ceux qui nous suivent. Je déteste l'idée de les avoir fait attendre. » W