Décès de la femme qui sauva le journal d'Anne Frank

CULTURE Miep Gies est morte lundi à l'âge de 100 ans...

Avec agence

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Le Musée historique d'Amsterdam et la Maison Anne Frank consacrent jusqu'à septembre une exposition aux lettres écrites par l'adolescente juive qui mourut au camp de concentration de Bergen-Belsen en 1944 et qui permettent de découvrir son caractère farouchement indépendant.
Le Musée historique d'Amsterdam et la Maison Anne Frank consacrent jusqu'à septembre une exposition aux lettres écrites par l'adolescente juive qui mourut au camp de concentration de Bergen-Belsen en 1944 et qui permettent de découvrir son caractère farouchement indépendant. — HO AFP/Archives

Sans elle, il n’y aurait probablement jamais eu de Journal d’Anne Frank. Miep Gies, qui a aidé la jeune fille et sa famille à se cacher des nazis à Amsterdam durant la Seconde Guerre mondiale, est morte lundi à l'âge de 100 ans, a annoncé lundi son site Web familial.
 
«Je ne suis pas une héroïne»
 
Miep Gies cacha et sauva le journal intime de l'adolescente juive allemande qui, dénoncée ainsi que sa famille, fut déportée dans le camp de concentration nazi de Bergen Belsen, où elle est morte en 1945. Née le 15 février 1909 à Vienne, Miep Gies était arrivée aux Pays-Bas à 11 ans. Au printemps 1942, elle avait accepté d'aider son patron Otto Frank, père d'Anne, à cacher toute sa famille.
 
Le 6 juillet de la même année, les quatre membres de la famille Frank, rejointe plus tard par quatre autres clandestins, s'étaient réfugiés dans une cachette aménagée dans l'annexe de leur maison, bâtiment qui abritait aussi l'entreprise familiale, Opekta. Pendant deux ans, Miep Gies et trois de ses collègues s'étaient chargés de leur approvisionnement quotidien et de leur sécurité. «Je ne suis pas une héroïne. (...) J'ai seulement fait ce que j'ai pu pour aider», avait déclaré Miep Gies.
 
Les huit clandestins furent dénoncés et arrêtés le 4 août 1944, et envoyés dans un camp de concentration. Après le passage des nazis, Miep Gies avait découvert dans la cachette les manuscripts d'Anne Frank, qu'elle devait conserver précieusement. A la fin de la guerre, elle les avait remis à Otto Frank, seul survivant des huit clandestins.
 
«Juste parmi les nations»
 
La première édition du Journal d'Anne Frank, qui n'aurait sans doute jamais vu le jour sans la contribution de Miep Gies, est parue en 1947 en néerlandais, sous le titre Het Achterhuis. Il a depuis été traduit en plus de 70 langues et constitue l'un des livres les plus lus au monde.
 
Après cette publication, Miep Gies et son mari Jan obtinrent de nombreuses récompenses internationales, dont le prix Raoul Wallenberg de la bravoure et la reconnaissance de l'Etat d'Israël comme «Justes parmi les nations». Miep Gies a reçu la médaille de Yad Vashem en 1997. Elle a été anoblie par la reine Beatrix des Pays-Bas.