Non, le Père Noël n'est pas si gros

Clémence Millet

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Le Père Noël préfère assister aux concerts de sa fille que chanter des cantiques.
Le Père Noël préfère assister aux concerts de sa fille que chanter des cantiques. — DR

La hotte, le traîneau, les lutins, on connaît. Mais en vrai, que sait-on du Père Noël ? Que c'est un personnage immuable de l'imaginaire enfantin, un poil kitsch, un peu creux et pas franchement sexy. Sylvie Misslin, auteur de livres jeunesse, en a eu assez. Des faux Pères Noël de supermarché ou de ceux en plastique gonflable qui tentent d'escalader vainement les maisons de son Alsace natale. Cette orthophoniste de formation met les points sur les i dans son Vrai-faux Portrait officiel du Père Noël. « Il est devenu bien plus un commerce qu'une légende, confie l'auteur. J'ai voulu projeter des choses sur lui, lever l'ambiguïté. Et surtout l'humaniser, lui donner des couleurs. »

Dans la pile de bouquins paraissant chaque année sur le sujet, celui de Sylvie Misslin se démarque à plusieurs titres. Sans désacraliser l'homme au traîneau, elle l'actualise astucieusement. Ici, le Père Noël est un fils de forains, un homme divorcé, et le père d'une fillette qui préfère devenir « Nouvelle Star » que de lui succéder un jour. Son récit, enrichi des illustrations très réussies de Ronan Badel, décrit un homme attachant. Oui, le Père Noël cherche l'amour, va à des concerts d'accordéon, jardine, collectionne les cactus et déteste qu'on l'imagine ventripotent. On apprend aussi au fil des pages et des devinettes qu'il détestait l'école, qu'il tombe malade comme tout le monde et qu'il abhorre les chants de Noël. Sylvie Misslin a choisi d'écorner gentiment le mythe, afin, dit-elle, d'« offrir aux enfants encore plus de liberté dans leur imagination déjà surdéveloppée ». W

Le Vrai-faux Portrait officiel du Père Noël, de Sylvie Misslin et Ronan Badel, éditions P'tit Glénat, 12 euros.