Amel Bent: «La musique ne règle pas tous les problèmes»

INTERVIEW La chanteuse de R'n'B se dévoile peu plus sur son troisième album, Où je vais...

Recueilli par Oihana Gabriel

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R. CORLOUER

L'album s'intitule Où je vais. Vous allez où au fait?

C'est à la fois une affirmation et une question. Je sais ce que j'ai envie de chanter. J'avance avec conviction, comme dans la vie. Mais c'est un métier où l'on ne peut rien prévoir.

C'est une impression, ou vous vous dévoilez de plus en plus?

Je ne dirais pas que mon nouvel album est plus personnel, mais j'aborde de nouveaux sujets. Chacun sa pudeur. J'ai commencé par parler d'amour et de moi-même, et j'aborde maintenant les sujets familiaux.

Comme le divorce de vos parents dans le titre Famille décomposée?

Oui, j'avais envie d'en parler sans sensiblerie. Je sais que dans mon public il doit y avoir une personne sur deux qui a vécu le divorce comme enfant ou comme parent. Cet album, c'est un dialogue avec le public. Les concerts sont devenus tellement importants pour moi que j'ai l'impression que le reste, le disque, la promo, ne sont que des accessoires pour m'amener à la scène. J'ai même calé la tournée avant de faire l'album!

La scène, c'est votre thérapie?

Ma thérapie, aujourd'hui, c'est ma famille. La musique a toujours apaisé ma vie, mais elle ne règle pas tous les problèmes. Il faut un moral en béton pour faire la différence entre tournée et quotidien. Quand la chanson s'arrête, la vraie vie reprend. Après la tournée, je me demandais ce que je faisais chez moi. Il fallait que je me réhabitue à ne pas avoir trois mille personnes dans ma chambre pour me dire: «Allez, on va bosser!»

Vous pensez beaucoup au live quand vous composez?

Oui, j'ai tout de suite imaginé des clips et des formations, des jeux de scène... Par exemple, pour Cette idée-là, j'imaginais une ambiance froide, une lumière bleutée, un rideau de perles... Tout est lié, les mots, la musique et les images.

Par quoi commencez-vous? Les textes ou la musique?

Je commence toujours par la mélodie et je pose les paroles en «yaourt». Je cherche les sonorités et, après seulement, j'écris. Je pense que c'est générationnel, parce qu'on écoute beaucoup de musique anglo-saxonne.